Le Sénégal s’est offert une finale au bout de la nuit. Ce jeudi, au stade Prince Moulay Hassan de Rabat, les Lionceaux de la Teranga ont arraché leur qualification pour la finale de la CAN U17 2026 au terme d’un duel irrespirable face au Maroc (1-1, 7 tab à 6). Une performance de caractère, qui permet aux jeunes Sénégalais de continuer à rêver d’un nouveau sacre continental.
Dans une ambiance électrique, les deux sélections se sont longtemps rendu coup pour coup. Le Maroc, poussé par son public, pensait avoir fait le plus dur. Mais les Lionceaux n’ont jamais rompu. Fidèles à leur réputation de compétiteurs inflexibles, ils ont su rester debout avant de faire parler leurs nerfs lors de la séance des tirs au but. Un scénario cruel pour les Marocains, héroïque pour les Sénégalais.
Cette qualification ravive inévitablement le souvenir encore brûlant du sacre des A du Sénégal sur le sol marocain. Une finale restée dans les mémoires autant pour son intensité que pour les polémiques qui l’avaient entourée. Cinq mois plus tard, l’histoire semble se répéter avec cette fois les U17 du Sénégal qui brisent une nouvelle fois le rêve marocain à domicile.
Mais au-delà du terrain, cette demi-finale a donné une nouvelle fois libre cours à la bêtise humaine. Car une nouvelle polémique est venue hanter la compétition. Selon plusieurs vidéos relayées après la rencontre, des supporters marocains se sont livrés à des comportements racistes à l’encontre des jeunes joueurs sénégalais. Cris et mimiques de singe, insultes et provocations ont accompagné la frustration née de l’élimination.
Des scènes d’une extrême gravité, indignes d’un rendez-vous continental de cette ampleur, et qui appellent des réponses fortes. La CAF est désormais attendue sur ce dossier. D’autant qu’il s’agit d’un match mettant en opposition des adolescents de moins de 17 ans. Le silence ou l’indulgence des instances footballistiques ne feraient qu’alimenter un phénomène devenu récurrent dans certaines enceintes du football africain.
Depuis plusieurs années, les débordements observés dans les compétitions organisées au Maroc suscitent régulièrement des critiques. Incidents en tribunes, tensions autour des arbitres, pression du public. Les polémiques s’accumulent. Mais les accusations de comportements racistes franchissent cette fois un seuil inquiétant.
Le football africain mérite mieux que ces dérives. Et les exploits d’une génération sénégalaise brillante ne devraient jamais être éclipsés par la haine venue des tribunes.
