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Entretien Exclusif

Etchiali : “Notre objectif pendant la CDM 2022 était d’aller jusqu’au bout de la compétition”

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Pour La Gazette du Fennec, le désormais ancien arbitre assistant international, Abdelhak Etchiali, s’est longuement confié sur sa carrière, sur son futur, ainsi que sur sa dernière Coupe du Monde 2022 au Qatar, à l’issue de laquelle il a annoncé la fin de sa carrière.

 

Bonjour Monsieur Etchiali, merci d’avoir accepté notre sollicitation.

Vous avez débuté votre carrière en tant qu’arbitre international en 2009, vous avez dirigé 3 coupes du Monde avec M. Haimoudi en 2014, M. Abid Charef en 2018 et enfin la dernière avec M. Mustapha Ghorbal en 2022. Il y’a deux semaines vous avez annoncé votre retraite après 14 ans de bons et loyaux services. Pourquoi cette décision maintenant Monsieur Etchiali ? Est-t-elle prise avant ou pendant le Mondial ?

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(Photo by Stuart Franklin – FIFA/FIFA via Getty Images)

« J’ai été promu international en 2009, j’ai participé à 3 Coupes du Monde (2014, 2018, 2022), j’ai également officié 5 coupes d’Afrique (2012, 2015, 2017, 2019 et 2021) et j’en ai raté une, c’était celle de 2013 qui s’était déroulée en Afrique du Sud où Monsieur Haimoudi Djamel avait dirigé le match d’ouverture et celui de la Finale. Mon absence était due à une blessure sévère qui m’a privée de participer à cette compétition. Aujourd’hui je mets un terme à une carrière de 26 ans et demi dont 14 ans en tant qu’arbitre international. Ma décision d’arrêter ma carrière a été prise après que la FIFA ait dévoilé la liste des arbitres retenus pour la Coupe du Monde 2022 le mois de mai dernier. J’ai avisé la commission fédérale des arbitres fin septembre, la veille de la transmission de la liste des arbitres FIFA.  Participer dans une Coupe du Monde c’est le rêve de chaque arbitre, c’est pour cette raison que j’ai décidé de laisser ma place aux jeunes afin qu’ils puissent, eux aussi, découvrir et participer à des compétitions continentales et mondiales de cette grande ampleur. Durant ma carrière, j’ai eu la chance d’être encadré et formé par des légendes de l’arbitrage algérien en l’occurrence, Monsieur Hadj Belaid Lacarne et Monsieur Hadj Medjiba Rachid. »

 Racontez-nous comment un arbitre se prépare à officier une Coupe du Monde de football sur le plan mental et physique ?

« Être sélectionné pour une Coupe du Monde n’est pas chose facile, car ça nécessite beaucoup d’engagement sur le plan physique, technique et psychique. La préparation a commencé bien avant le tournoi. Nous sommes arrivés à Doha 10 jours avant le début de la compétition pour participer à un stage. Durant celui-ci, nous avons passé une batterie de tests physiques et médicaux afin que les officiels s’assurent de l’état de santé et de la condition physique de chaque arbitre. Sur le plan technique : Théoriquement, d’abord, les thèmes importants sur les lois du jeu ont fait l’objet de plusieurs conférences présentées par les instructeurs de la FIFA. Ensuite, en pratique, nous avons eu une série d’exercices, des mini matchs étaient, aussi, programmés pour chaque trio pour mettre en pratique les notions et les directives données en théorie. Durant le tournoi, des entrainements quotidiens qui englobent l’aspect physique afin de maintenir la forme étaient programmés. »

“le stress dans la cabine du VAR est beaucoup plus élevé que sur le terrain”

Pendant la Coupe du Monde vous aviez été confrontés avec Monsieur Ghorbal et Monsieur Gourari à énormément de pression pendant les deux matchs Pays Bas-Equateur et Australie-Danemark notamment à cause de l’importance qu’avait ces deux matchs on voyait quelques joueurs qui venaient quelques fois contester les décisions arbitrales. Comment faites-vous pour gérer la pression et le stresse à ce moment-là sachant que vous aviez dirigé 2 matchs très important, le premier pour la qualification au deuxième tour et le second pour une qualification en quart ?

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(Photo by ANP via Getty Images)

« La gestion de la pression est une qualité qu’un arbitre ou un arbitre assistant d’élite doit acquérir durant son cursus. On ne peut pas demander à un arbitre de gérer la pression dans un match de top niveau comme en Coupe du Monde, alors qu’il n’a pas été confronté à ce type de situation auparavant. En tant qu’arbitres algériens, nous étions toujours sollicités pour diriger des rencontres de haute pression soit au niveau du championnat local soit au niveau continental, donc nous sommes habitués à faire face à ce type de situation. Comme vous l’avez mentionné, lors de la dernière coupe du monde au Qatar, notre trio composé de Monsieur Ghorbal, Monsieur Gourari et moi-même, avons dirigé avec succès deux rencontres où le résultat était décisif aux équipes pour se qualifier aux prochains tours. Dieu merci, nous avons réussi notre mission malgré que nous ayons eu des situations critiques qui ont déterminé le résultat final des deux rencontres. Ces situations seront intégrées prochainement dans le « teaching material and resources » (guide et matériel de formation, ndlr) de la FIFA afin de les montrer et de les enseigner aux arbitres à travers le monde entier. »

Que faites-vous pendant la mi-temps, y’a-t-il un discours que vous prononcez ou des choses que vous vous dites avant la reprise ?

« La mi-temps est une période pour se reposer et prendre un peu de souffle avant le début de la 2ème période. On collationne les sanctions disciplinaires entre nous. Nous discutons les situations et nous les corrigeant ensemble avant de reprendre le chemin du terrain. »

 Vous avez dirigé quelques matchs dans la cabine du VAR, comment ça se passe ? On imagine qu’il est peut-être plus simple derrière l’écran que sur le terrain de prendre des décisions ou pas ?

« Effectivement, j’étais désigné comme « Offside VAR » pour le match Argentine-Arabie Saoudite. Bien au contraire, le stress dans la cabine du VAR est beaucoup plus élevé que sur le terrain pour la simple raison est que la VAR est un support pour corriger les erreurs encourues sur terrain, donc il est inadmissible que l’erreur soit commise sur deux fois. C’est pour cette raison, que le stress dans la cabine est plus élevé, car la VAR doit tout contrôler et tout vérifier pour qu’aucune action litigieuse ne nous échappe. »

 Pendant ce mondial on a eu droit à beaucoup de temps additionnel, les directives de la FIFA était de comptabilisé chaque minute perdue. Selon vous, en quoi cela a été positive pendant le déroulement des matchs ?

« C’était selon les directives de la commission des arbitres de la FIFA qui stipulent de comptabiliser le temps perdu exacte relatif aux : Changements, joueurs blessés, carton rouge direct, penalty, célébration de but, VAR, dont le but est d’augmenter le temps effectif de jeu. Comme vous le savez bien, un match de Coupe du Monde est un spectacle, donc autant qu’arbitres nous étions dans l’obligation de participer à la réussite de celui-ci, à notre façon, et avec une bonne gestion des rencontres, mais aussi, en comptabilisant chaque seconde perdue. Si vous avez bien remarqué, au début du tournoi, le temps additionnel était élevé, nous avions en moyenne entre 9 et 15min de temps additionnel. Mais après les 15 premiers matchs, les équipes ont bien compris que le temps perdu est comptabilisé d’une façon judicieuse par les arbitres. Après ça, nous sommes revenus au temps additionnel ordinaire entre 2 et 6 min. »

“Notre objectif pendant la CDM 2022 était d’aller jusqu’au bout de la compétition”

Lors de la sélection de la FIFA vous avez réussi à atteindre les demi-finales en compagnie des meilleurs arbitres du monde, vous étiez d’ailleurs le seul trio africain à atteindre ce stade pendant ce tournoi, est-ce que vous pensiez arriver à ce stade avant la compétition ? Mais aussi, je voulais savoir Est-ce que vous avez tracer avec Monsieur Ghorbal et Gourari un but à atteindre pendant ce tournoi ?

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(Photo by Shaun Botterill – FIFA/FIFA via Getty Images)

« Notre objectif durant cette Coupe du Monde ne se limitait pas uniquement à la participation, mais bien au contraire notre but était d’aller jusqu’au bout de la compétition. Grâce à Dieu, nous étions le seul trio africain à atteindre ce stade de la compétition. Nous étions toujours concentrés et prêt pour toutes les rencontres. »

Que comptez vous faire maintenant ?

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(Photo by Robbie Jay Barratt – AMA/Getty Images)

« Après cette longue carrière ainsi que la petite expérience que j’ai pu acquérir sur les terrains de jeu, à travers le monde entier, je me sens dans l’obligation de transmettre ce ces connaissances pour nos jeunes arbitres afin de voir l’arbitrage algérien toujours au sommet et toujours présent dans les plus grandes compétitions continentales et mondiales. On m’a affirmé que les portes de la fédération algérienne de football ainsi que celles la commission fédérale des arbitres, à sa tête Monsieur Haimoudi Djamel que je le remercie au passage pour sa confiance, sont ouvertes pour m’accueillir en tant qu’instructeur. Inch’Allah je serai à la hauteur de cette confiance. »

 Un dernier mot avant de clore cette interview 

« Je saisie cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes sans exception qui ont participé dans mon cursus de formation et qui ont veillé à ma réussite car, c’est grâce à leurs conseils et leurs soutiens qu’ils m’ont manifestés tout au long de ma carrière que j’ai pu la réussir avec succès. »

 

Merci Monsieur Etchiali et bonne retraite !

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