Une vieille cicatrice du football algérien vient d’être rouverte, presque seize ans après les faits. Sur le plateau d’El Bilad, Rabah Saadane a replongé dans les coulisses de la CAN 2010, exhumant un épisode resté jusque-là enfoui derrière la version officielle. Au cœur de cette affaire, Khaled Lemmouchia, l’un des hommes clé des éliminatoires de la CAN et du Mondial 2010, devenu, malgré lui, protagoniste d’un clash aux allures de rupture brutale.
Le “Cheikh”, d’habitude moins prompt à polémiquer, raconte une décision prise sans détour. Celle d’écarter son joueur en pleine compétition. Le geste joint à la parole, avec cette casquette lancée, témoigne Saadane, pour symboliser une fracture à l’époque. Une version frontale que Lemmouchia conteste sans pour autant verser dans la confrontation. L’ancien milieu de terrain a choisi ses réseaux sociaux pour livrer une contestation mesurée, invoquant le respect dû à l’âge pour éviter l’escalade.
Retour en arrière. Nous sommes le 14 janvier 2010, à Luanda, en pleine Coupe d’Afrique des Nations. Quelques semaines après l’exploit d’Omdurman face à l’Égypte, Lemmouchia, pourtant titulaire lors de cette qualification historique, se retrouve relégué sur le banc pour l’entrée en lice contre le Malawi. Un après-midi cauchemardesque, conclu par un cinglant 3-0. Et une frustration qui ne retombe pas.
À l’approche du match suivant face au Mali, le milieu de terrain comprend que son statut n’évoluera pas. Il demande des explications. Ce qui se dit alors en coulisses n’a jamais filtré. Jusqu’à hier. Saâdane évoque une décision ferme. Lemmouchia, lui, suggère une réalité plus nuancée.
À l’époque, la Fédération algérienne de football (FAF) avait opté pour une communication apaisante, évoquant un départ “pour raisons familiales”. Une sortie laconique qui masquait mal en réalité une cassure interne. Le joueur quitte le groupe en compagnie de Lounes Gaouaoui opéré alors de l’appendice.
Mais derrière cette version officielle, les conséquences sportives, elles, sont bien réelles. Écarté de la CAN, Lemmouchia manquera également la Coupe du monde en Afrique du Sud, quelques mois plus tard. Une double sanction pour le joueur qui a été blessé lors de l’attaque du bus de l’Algérie au Caire.
Aujourd’hui, les versions divergent, les souvenirs s’entrechoquent d’un chapitre passionné et passionnant de l’équipe nationale.
