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Omar Belbey : « Jouer pour l’Algérie, c’était mon but ultime »

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omar belbey zizou

Les chroniqueurs de « C’est Vous L’Expert » ont eu la joie et l’honneur d’interviewer l’ex-international algérien Omar Belbey (21 sélections) au cours d’un Live sur 100 Filtre. Durant plus de deux heures, le Nîmois d’adoption n’a pas été avare d’anecdotes en revenant sur les faits marquants de sa carrière non sans émotion.



Beaucoup ont en mémoire sa sortie sur grave blessure lors du dernier match de poule face au Mali à la CAN 2002. Mais peu connaissent le parcours semé d’embûches qu’il a dû emprunter pour réaliser son rêve de devenir international algérien.

Plus qu’un sacrifice, un déchirement

Belbey a fait ses gammes à Rouen (Normandie), à une époque où encore peu de joueurs maghrébins franchissaient le palier d’un centre de formation. Il s’est alors forgé un caractère de guerrier à force d’obstacles à franchir. Éloigné de sa famille, il a dû affronter, seul, le racisme de certains et la concurrence déloyale d’autres. Il a en effet vécu un véritable déchirement alors qu’il n’avait que 13 ans. Sa famille repartie vivre en Algérie, a accepté de laisser leur rejeton poursuivre son rêve de devenir footballeur professionnel. « C’était un véritable déchirement à tous les niveaux … chaque vendredi entre 11h et 12h je sortais de classe et j’explosais en sanglots». Les éducateurs du club avaient su convaincre les parents.

belbey en EN cadet

C’est l’épopée des Verts à la 1ère Coupe du Monde de son histoire, en Espagne, qui a suscité l’envie du petit Belbey de rejoindre un jour l’Équipe Nationale ! «  Je voyais le drapeau, je voyais les joueurs, je voyais la fierté, je voyais les supporters …à partir de là, je n’ai pas cessé un seul jour de penser à devenir professionnel et international algérien ! C’était mon but ultime ». Ce rêve se réalise bien plus vite que prévu. Sans dire un mot à son club, Belbey connaît sa première sélection algérienne (EN Cadets) où il joue deux matchs officiels en aller-retour face à la Mauritanie. Cette cachoterie lui vaudra une sanction car cette escapade l’empêchera de se regrouper avec les Bleus au grand regret de son club formateur. « Ils me sont tous tombés  dessus … ils m’ont suspendu deux mois … »

De Nîmes à Montpellier avec un exploit à la clé !

Après la liquidation judiciaire du FC Rouen, il a failli arrêter le football. Il signe finalement à Nîmes qui évolue alors en National (3ème division). Il connait alors « son plus beau souvenir », une finale de Coupe de France en 1996 qu’il perd malgré un but marqué face à l’AJ Auxerre de Saïb et Tasfaout. Guy Roux s’était alors très bien renseigné sur lui et voulait le recruter mais les dirigeants nîmois ne voulaient pas le laisser partir. Deux ans plus tard, il signe chez le rival montpelliérain plus ambitieux.

L’Équipe Nationale … enfin

Ses performances en club sont repérées et en 1998 c’est Meziane Ighil qui l’appelle pour rejoindre les Verts. « Je n’ai pas pu honorer ma 1ère sélection à cause d’une blessure à l’épaule contractée à 2 minutes de la fin du match de championnat ». Au final il rejoint les Verts en Avril 2000 pour y disputer les éliminatoires de la CAN 2002 et de la Coupe du Monde 2002. C’était une autre époque où il arrivait que les joueurs professionnels paient eux mêmes les billets d’avion pour rejoindre la sélection mais « il arrivait aussi de voyager en jet privé !».

« Zidane, c’est impressionnant, on sent la personne au-dessus du lot. Le seul Algérien parti en Équipe de France et avoir eu le regret d’y être allé »

Belbey aurait pu connaître les difficultés d’intégration au sein d’une équipe où les pros n’étaient pas forcément biens vus. Mais c’était sans compter sur un caractère vrai et entier qui lui a permis de vite se faire accepter. Il a aussi connu le fameux match hautement politique, France-Algérie en Octobre 2001. « Il fallait représenter au mieux le drapeau national. Ils ont dominé certes mais quand on regarde les buts, il y en a trois pour Mezair… » C’était aussi l’occasion de croiser pour la seconde fois sur un terrain Zinédine Zidane a qui il voue un immense respect. « Zidane, c’est impressionnant, on sent la personne au-dessus du lot…. Le seul Algérien parti en Équipe de France et avoir eu le regret d’y être allé … »

Belbey Zidane

Belbey vs Zidane France-Algérie

Quant au choix des binationaux il dira :« On peut comprendre les choix des jeunes franco-algériens, c’est un choix personnel à respecter… Karim Benzema, même s’il aime l’Algérie, sa sélection est française et à ce titre il ne mérite pas une reconnaissance des autorités algériennes ». Et d’enfoncer le clou « moi je sais ce que j’ai fait, je ne le regrette pas et si c’était à refaire je n’hésiterais pas. Ce n’est pas seulement un choix sportif, il y a le cœur aussi, tu joues pour ta famille, on mange algérien, on vit algérien, on dort algérien, on se promène algérien, on fait tout algérien…. Jouer avec l’Équipe Nationale d’Algérie, c’était mon but».

« Belmadi, c’était notre Mahrez de l’époque ! »

En un laps de temps finalement, très court entre 2000 et 2002, Belbey a connu plusieurs sélectionneurs, Djaadaoui, Kermali, Zouba et Madjer. Il a aussi connu beaucoup de joueurs tels que, Bourahli, Mamouni, Meniri, Saïfi ou en encore Belmadi, pour lequel il considère comme « le plus technique … qui n’a pas été à sa juste valeur … hyper pro, il ne laissait rien au hasard».

Au total c’est un compteur bloqué à 21 capes pour l’infatigable milieu défensif, la faute à une grave blessure contractée à la CAN 2002 « je sors sur blessure contre le Nigeria (0-1), je ne joue pas contre le Liberia (2-2) et j’ai insisté pour jouer contre l’avis du staff médical … » c’est la gestion de cette blessure par les responsables du football national qui laisse à désirer. Elle devient un cas d’école ! La « jurisprudence Belbey » fait date. La FAF de l’époque brille par son absence même si les assurances ont joué le jeu avec des indemnités minimes. « A aucun moment je n’ai été soutenu par la FAF » mais Omar Belbey n’en garde aucune rancœur.

« J’ai proposé Bennacer à Arsenal et à la FAF »

Éloignè du monde du football malgré un diplôme d’entraineur en poche, il sait toutefois user de son réseau quand il s’agit de promouvoir les jeunes talents maghrébins. On apprend notamment qu’il est à l’origine de la signature d’Ismaël Bennacer à Arsenal. Il n’a pas hésité non plus à informer la FAF de la possibilité de voir le prometteur milieu rejoindre les Verts. « J’ai envoyé des mails… »

Souriant il avoue n’avoir jamais triché sur un terrain. Les passionnés de l’époque le savaient déjà ! De par sa générosité et son engagement de la première heure, ils savent aussi qu’Omar Belbey colle parfaitement à l’adjectif « LesZhommes ».

L’interview complète et en vidéo :




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