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Djamel Belmadi raconté par ses anciens coachs et coéquipiers

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belmadi joueur 2000 city

Avant d’être le sélectionneur champion d’Afrique en titre avec l’Algérie, Djamel Belmadi (20 sélections, 5 buts de 2000 à 2004) fut d’abord joueur et coéquipier, parfois ami. Partout où il était passé, de Paris à Manchester en passant par Marseille, l’ancien numéro 10 des Verts a marqué les esprits aussi bien par sa technique raffinée que par son caractère bien trempé. Dans un milieu réputé hypocrite et impitoyable, le coach des Verts fait presque figure d’exception comme le racontent ceux qui l’ont connu et côtoyé. Témoignages recueillis par France Football.



Luis Fernandez : « Il a toujours eu cette confiance en lui »

Luis Fernandez se souvient particulièrement de Djamel Belmadi jeune à l’époque où il tapait à la porte de l’équipe pro du PSG. Il garde des décennies plus tard le mérite d’avoir été celui qui le lança à Paris. « Quand je le lance à Paris,  c’est dans la continuité de ce que j’ai fait avec Didier Domi et Nicolas Anelka, ou Johan Micoud et Patrick Vierra à Cannes. Il l’avait amplement mérité », confie l’homme à la sucette dans les colonnes de FF et d’ajouter « J’ai observé ses prises de balles, ses contrôles, son placement, son replacement tactique et je n’ai pas eu de craintes », se souvient Fernandez.

« Il avait les qualités pour réussir au plus haut niveau. Je l’ai toujours dit»

L’ancien coach du PSG et de l’AS Cannes se souvient aussi d’un joueur qui s’était forgé un caractère de gagneur à un âge précoce :  « Ce n’est pas quelqu’un de grand. Il était avec sa taille, sa qualité de contrôle orienté,  cette vitesse qu’il avait en lui. Surtout il avait un bon état d’esprit. Je regarde toujours ça chez les jeunes, c’est primordial. Voir s’ils sont là plus tôt, à l’heure, s’ils restent après. Lui été dans ce dernier registre. Il avait les qualités pour réussir au plus haut niveau. Je l’ai toujours dit. Il a aussi cette confiance en lui. Avec cette confiance, il faisait tout pour s’imposer, pour réussir. C’est ce qui lui a donné la volonté de s’accrocher au plus haut niveau. Mais ce n’était pas de l’arrogance. C’est quelqu’un qui est resté toujours humble et sérieux. Je ne l’ai jamais ressenti en retrait pour autant, bien au contraire. Si je l’ai gardé c’est que le caractère et l’attitude étaient parfaits. Il se comportait remarquablement bien », témoigne Fernandez. Ces qualités de joueur sérieux, travailleur et sûr de lui, on les retrouvera bien des années plus tard chez Belmadi le sélectionneur avec en sus des traits de manager et fédérateur remarquables.

Brahimi Hemdani : « Un homme avec des principes et des valeurs »

Coéquipiers à l’Olympique de Marseille mais pas en sélection d’Algérie, Brahim Hemdani (2 sélections) a eu le temps de connaître le joueur et connaître l’homme. Il en dresse, vingt ans après, le portrait d’un homme honnête et loyale, qui faisait figure, s’il en est, de fausse note dans un milieu où l’ambition démesurée et le chacun pour soi faisaient bon ménage. L’ancien numéro 6 de l’OM se souvient d’un « homme avec des principes et des valeurs. Quelqu’un d’honnête et qui détonne un peu dans le milieu. Vous savez, c’est un milieu où il y a beaucoup d’hypocrisie, mais lui non il est entier. Il déteste l’injustice. Quand il a quelque chose à dire, il ne le fera jamais de manière détournée et ira directement sur l’objet et la personne concernés. Vous ne risquez pas d’être pris par défaut, par derrière. (…) Même s’il n’avait pas eu l’opportunité et la chance de se stabiliser dans un club, il a fait partie des joueurs qui ont poursuivi leur chemin bec et ongle, sans se morfondre sur leur sort. C’est aussi un trait de caractère: il est très têtu et va au bout des choses. Il ne donnait pas facilement sa confiance, mais quand il vous a comme ami, il était capable de se lâcher, de rigoler … »

« Pour lui le maillot de l’Algérie, c’est sacré »

En plus de l’homme honnête et direct, Brahim Hemdani se souvient également d’un Djamel Belmadi qui mouillait le maillot de la sélection. Un joueur qui avait fi fait des conditions dérisoires qui prévalaient chez les Verts pour venir « fièrement » honorer l’appel du pays. « En Algérie, il avait beaucoup joué pour l’équipe nationale à une époque où il n’y avait pas forcément les moyens qu’il y a aujourd’hui. Et ça n’a jamais été un problème pour lui. Bien au contraire. Pour lui, porter le maillot, c’était un honneur, un privilège. Malgré les circonstances compliquées, à chaque fois qu’il a été appelé, il répondait présent. Les Algériens ont cette image de quelqu’un qui s’est donné pour l’équipe nationale. Quand il a été intronisé sélectionneur, les joueurs ont eu ce ressenti. Le fait d’avoir tout donné pour le maillot. Cela a eu incontestablement un impact non négligeable sur la suite des événements », estime Hemdani qui a, de son côté, toujours repoussé les avances de la FAF avant de rejoindre les Verts sur le tard, à 30 ans, au crépuscule de sa carrière aux Glasgow Rangers.

Omar Belbey: « En Algérie, il était considéré comme l’homme providentiel »

Véritable miraculé des stades après une chute traumatisante en plein CAN 2002 avec l’Algérie, Omar Belbey met ce mauvais souvenir de côté pour parler de Djamel Belmadi qu’il avait vu débuter chez les Verts. «  Quand il est arrivé en sélection, on se retrouvait souvent à Marseille. On prenait l’avion ensemble. Avec certaines parties de rigolades. Quand on arrivait à l’aéroport, que la FAF nous disait qu’on avait des billets électroniques et qu’il fallait juste prendre le passeport et qu’il n’y a rien du tout, on devait téléphoner à droite et à gauche pour savoir où étaient les billets. Je me souviens aussi de 2001 et notre match  contre la France (4-1). Il y’avait ce coup franc. On est trois ou quatre autour du ballon. Djamel dans toute sa splendeur et prend le ballon et nous dit « Laisse, je la mets ». On s’est écartés. Il nous a demandé de nous mettre à côté du mur. Il l’a juste fouetté au-dessus. Et il n’avait pas menti. Il avait promis, il l’a mise. C’était Djamel ».

« Quand on avait pas trop de solutions, on donnait le ballon à Djamel »

Outre cette anecdote, l’ancien milieu défensif de Nîmes se souvient surtout d’un joueur d’exception. « Il avait un talent avec un don pour dénouer les matches et les situations sur une simple accélération, un geste technique. Quand on avait pas trop de solutions, on donnait le ballon à Djamel. Quelqu’un de très efficace balle au pied. En Algérie, il était considéré comme l’homme providentiel de par sa stature sur le terrain. (…) c’était quelqu’un de très exigent envers lui-même. Il était fâché contre lui. Cela démontrait une certaine envie de bien faire. Aujourd’hui, c’est une fierté. Quand lors de la CAN-2019, il avait dit « On va aller au bout » et que tout le monde avait légèrement souri, y compris moi, il ne s’était pas trompé. Il est venu et il a vaincu… », conclut Belbey. 

De tout ces témoignages, le sérieux, la sincérité et l’envie constante d’aller au bout des choses sont revenus presque tous les témoignages de ceux qui ont côtoyé Djamel Belmadi. S’il est vrai qu’il ne suffit pas d’être un grand joueur pour être un grand entraîneur, il n’en demeure pas moins qu’un joueur de classe mondiale flanqué de toutes les qualités qu’on vient d’énumérer ci-dessus peut être un champion d’Afrique. Eh oui…

Rétro – aux bons souvenirs de l’artiste Belmadi !

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