Le grand déballage a commencé au sein du CR Belouizdad. Les investigations menées par l’Inspection générale des finances (IGF) sur la gestion du club durant l’ère Madar Holding révèlent, dès les premiers documents consultés, des pratiques pour le moins déroutantes.
Parmi les éléments qui suscitent le plus d’étonnement figure une clause intégrée au contrat d’un ancien international algérien passé brièvement par le Chabab. Selon les premiers éléments de l’enquête, le document faisait apparaître noir sur blanc un engagement du club à accompagner le joueur dans un projet d’acquisition… d’une station-service.
Une disposition difficilement concevable dans le cadre d’un contrat professionnel nouvellement adopté par la Fédération algérienne de football. Bonus à la signature, primes de rendement… les usages du football moderne sont connus. Mais l’évocation d’un projet privé lié à une pompe à essence dépasse largement le cadre sportif et interroge sur les méthodes de gestion ayant prévalu ces dernières années au sein du club algérois.
Un “service” devenu clause contractuelle
D’après une source interne proche du dossier, il ne s’agissait pourtant pas d’un engagement à proprement dit du CRB pour offrir une station-service au joueur concerné. L’ancien international aurait simplement sollicité, à l’époque, un appui afin de faciliter les démarches liées à cet investissement personnel. Une sorte de coup de pousse d’une personne qui connait des personnes. Ceci pour résumer l’affaire.
Le problème résiderait surtout dans la manière dont cette requête a été traitée. Euphorique d’avoir convaincu l’une des figure emblématiques du football algérien, un ancien responsable, nous confie notre source, a choisi d’inscrire cet engagement informel dans le contrat du joueur, transformant un simple “coup de pouce” en clause officielle.
Une initiative décrite en interne comme un excès de zèle plus qu’une véritable opération structurée par le club.
Un projet finalement abandonné
Toujours selon la même source, le joueur n’aurait jamais concrétisé ce projet de station-service. Mieux encore, après son départ du CRB, il n’aurait à aucun moment demandé l’application de cette fameuse clause aujourd’hui au cœur de la controverse. Reste que sa présence dans un document contractuel suffit à embarrasser d’anciens dirigeants et à alimenter les interrogations de l’IGF sur la gouvernance du club durant cette période.
D’autres révélations attendues
L’enquête menée au sein du Chabab ne serait qu’une partie d’un chantier plus vaste touchant plusieurs clubs de l’élite algérienne. Les contrôleurs de l’IGF s’intéressent notamment aux contrats, aux primes exceptionnelles, aux avantages accordés à certains joueurs ainsi qu’aux mécanismes de gestion financière mis en place ces dernières saisons.
