Yacine Abed, l’une des révélations de la sélection nationale des moins de 17 ans lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations de la catégorie, a pris la direction du Qatar afin de s’engager avec l’Al Ahli SC. Un départ qui intervient dans des circonstances pour le moins surprenantes et qui ne manque pas de susciter des interrogations au sein du football algérien.
Alors qu’il se trouvait encore, il y a soixante-douze heures en stage avec les U17 algériens à Sidi-Moussa, stage conclu par deux matches amicaux de preparation, Abed a quitté le pays précipitamment à l’issue du regroupement, accompagné de ses parents et de sa famille, pour rallier Doha, révèle le quotidien El Khabar. Il devrait désormais finaliser son engagement avec le club qatari.
Cette décision aurait pris de court le Paradou AC, club formateur du joueur. Selon les informations qui circulent, le club algérois a saisi la Fédération algérienne de football (FAF) pour signaler l’absence du jeune joueur aux entraînements et son non-retour au sein de l’équipe après la fin du stage avec la sélection nationale. Cette démarche intervient alors que des informations faisant état de l’intérêt d’Al Ahli SC pour le jeune international avaient déjà circulé quelques jours auparavant.
Abed sur les pas d’Omar Rafik
Le Paradou AC était-il au courant et a laissé faire ? Ou bien, il a été pris de court ? La question se pose, d’autant que sans l’aval du club formateur, un joueur signataire d’une licence n’est pas maître de son destin. D’où les interrogations sur la facilité déconcertante avec laquelle le jeune joueur rallié le Qatar.
Au-delà du simple transfert d’un jeune talent, le dossier Abed prend une dimension pour le moins alarmante en raison des interrogations entourant la politique menée depuis plusieurs années par le Qatar à l’égard de jeunes footballeurs algériens moyennant un changement de nationalité et une naturalisation à terme. Cette politique a commencé avec Boudiaf et Khoukhi et s’est prolongé avec Omar Rafik et quatre autres prodiges. Aujourd’hui, l’affaire Abed n’est que le prolongement d’une politique visant à vider le football algérien de sa substance. C’est pourquoi, la FAF doit trouver comment mettre fin à cette saignée.
