Alors que l’arrivée en Coupe du Monde s’est faite avec un véritable sentiment d’optimisme entourant l’équipe nationale — une ambition légitime au vu de la qualité et du potentiel de l’effectif —, les choses ont vite tourné à la déroute pour les hommes de Vladimir Petkovic, et ce dès leur première sortie face à l’Argentine.
Comme chaque entraîneur, Petkovic possède sa propre philosophie et des convictions qu’il cherche à imposer au sein de son équipe. Avec l’Algérie, a souvent viré au chaos. Bien avant la récente élimination face à la Suisse, les Verts avaient pourtant essuyé plusieurs avertissements sur leur route avant de connaître cet échec final. Fidèle à ses principes, Petkovic a fait preuve d’une obstination tenace jusqu’au bout, et il doit désormais faire face aux conséquences de ses choix.
L’animation offensive sacrifiée
La non-utilisation d’un avant-centre de métier est devenue un sujet de débat récurrent autour de la sélection. Lors de la défaite face au Nigeria en quart de finale de la CAN 2025, le choix de se passer des services de Baghdad Bounedjah n’avait pas porté ses fruits et avait fait beaucoup réagir, y compris dans le camp adverse. Le sélectionneur des Super Eagles, Eric Chelle, avait d’ailleurs déclaré à ce sujet : « Pour moi, s’il y a Bounedjah, ce n’est pas la même. Pour sortir d’un pressing, il n’y a pas 36 choses. C’est soit tu sors techniquement une touche, ou soit tu mets un long ballon et tu as ton attaquant qui cale le ballon et qui fait remonter le bloc. Donc moi, je ne vois pas Bounedjah. Je dis c’est bon, les gars, mettez encore plus de pression. »
Des mois plus tard, le même scénario s’est répété, Baghdad Bounedjah étant cette fois-ci écarté de la liste. Pour un rendez-vous encore plus prestigieux en seizième de finale de la Coupe du Monde, le staff technique a retenté l’expérience. Cette fois-ci, c’est Ibrahim Maza, qui découvrait ce poste pour la première fois de sa carrière après avoir pourtant signé des performances remarquables en position de numéro 10 tout au long de la compétition, qui a été aligné en pointe. Un pari désastreux. Les Verts ont une nouvelle fois souffert offensivement, affichant un manque de fluidité dans la construction et l’absence criante d’un véritable point d’ancrage capable de concrétiser leurs actions. Résultat : une possession stérile et une incapacité à déstabiliser le bloc suisse.
Un entêtement défensif
Hormis ses options en attaque, Petkovic s’est illustré de la même manière dans le secteur défensif. La charnière centrale composée d’Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni, épaulée par Rafik Belghali à droite et Rayan Aït Nouri à gauche, a montré ses limites à de nombreuses reprises. Statistique accablante : 8 des 9 buts encaissés en quatre matchs lors de cette Coupe du Monde ont été concédés alors que cette arrière-garde était sur le terrain.
La plupart de ces réalisations ont été encaissées plein axe, exposant une fragilité impardonnable à ce niveau de la compétition. Malgré ces alertes répétées, le sélectionneur a maintenu sa confiance envers le même schéma, sans jamais mettre ses titulaires en concurrence avec des éléments du banc pourtant performants, à l’image de Zineddine Belaïd qui avait prouvé qu’il avait les qualités pour postuler à une place.
En l’espace de six mois, l’Algérie se voit ainsi sortie de deux compétitions majeures de façon particulièrement frustrante, plombée par des choix tactiques qui se répètent sans jamais évoluer.

