La vidéo a fait le tour de la toile. Un jeune d’origine algérienne s’était rendu en famille au Maroc pour faire du tourisme et suivre – par la même occasion – la CAN 2025 jouée l’hiver dernier (21 décembre – 18 janvier). Problème : il s’est retrouvé en prison. Le motif : il portait le maillot du Sénégal en finale du tournoi face aux Lions de l’Atlas. Bien qu’il se trouvait loin des premiers rangs, Lyèce Mouri a été arrêté d’une manière arbitraire juste parce qu’il avait dit aux policiers que sa mère, qui l’accompagnait lors de ce voyage, venait d’Algérie. Sa détention avait pour encrage juridique des preuves totalement fabriquées.
Sans preuves concrètes et sans comparaître, Mouri est resté longtemps (4 mois) et injustement derrière les barreaux. Son calvaire avait commencé après le coup de sifflet final d’une rencontre marquée par des échauffourées en tribunes. Sauf qu’il se trouvait loin des agitateurs comme il le démontre dans la vidéo. A ce moment, le Franco-Algérien ne « bouge pas. J’étais à ma place à dix rangs de la pelouse. »
Malgré cela, il raconte que « Quelques minutes après la fin du match alors qu’on a attend la remise du trophée, deux policiers en civil marocains s’approchent de moi dans la tribune. D’abord, ils me parlent en arabe. Je leur dis : “désolé je ne comprends pas”. Puis en français : “On peut te poser une question vite fait ? T’inquiètes, c’est juste pour des renseignements”. On monte les escaliers puis d’un coup, dix policiers me sautent dessus, me frappent et m’emmènent de force au poste.»
Accusé d’actes qu’il n’a aucunement commis
Mouri donne plus de détails sur cet épisode. « Au poste du stade, j’attends pendant longtemps. Quand on m’interroge enfin j’explique tout. “voilà, je suis venu en famille”. Je montre mon passeport français. Le policier me dit : “Oui ta mère est française mais elle est née où ?” je lui réponds “en Algérie”. D’un coup, son visage, il change, son attitude, elle change », révèle-t-il.
« Finalement, ils me jettent dans le fourgon. Direction la garde-à-vue et le lendemain, on m’annonce que j’ai frappé un policier, que je suis rentré sur la pelouse, que j’ai cassé du matériel et j’ai lancé une bouteille. Je dis “j’ai travaillé 3 ans dans un stade. Montrez-moi les caméras, c’est impossible de mentir dans un stade”. » Malgré cela, il finira au “mitard” pour des actes qu’il n’a pas commis. Son cauchemar a pris fin le 23 mai dernier après la grâce accordée par le roi Mohammed VI, une démarché qui vise à préserver les « relations fraternelles » entre le Maroc et le Sénégal comme le notait le communiqué du Cabinet royal. Mouri était un dommage collatéral à cause de son origine… forcément.
