La mue est brutale. Et elle ne laisse aucune place à la nostalgie. À l’heure où Vladimir Petkovic boucle sa liste des 26 pour le rassemblement de lundi au CTN de Sidi Moussa, un nom manque à l’appel. Pas n’importe lequel. Baghdad Bounedjah, héros de la finale de la CAN 2019, ne fera pas partie du voyage vers le Mondial 2026.
Le couperet est tombé sans fracas, mais avec une portée symbolique immense. L’attaquant d’Al Shamal ne figure pas dans le groupe retenu par le sélectionneur national, qui lui a préféré Benbouali, déjà présent lors du stage de mars et convaincant face au Guatemala en amical. Un choix sportif, certes. Mais pas uniquement.
Car derrière cette décision se cache une fracture plus ancienne. Depuis la CAN 2025, les rumeurs sur une mise à l’écart du numéro 9 était dans l’air du temps. Et dans cette entreprise de rénovation accélérée, s’il en est, le profil de Bounedjah ne colle plus à la nouvelle ligne imposée par le technicien bosnien.
L’ancien buteur d’Al Sadd a payé cash son attitude durant la CAN 2025. Même dans la victoire, son comportement irritable avait fini par agacer le staff et le groupe. Malgré des excuses formulées par la suite, le mal était fait. Petkovic, attaché à l’équilibre collectif et à la discipline de vestiaire, a décidé de tourner la page Bounedjah.
Son absence lors du regroupement de mars avait déjà valeur d’avertissement. Cette fois, le choix est acté. En pointe, le sélectionneur n’a retenu que deux profils : Gouiri et Benbouali. Deux attaquants modernes, capables de participer au jeu et d’incarner le nouveau visage offensif des Verts.
À 34 ans, Baghdad Bounedjah voit donc s’éloigner, sauf improbable retournement de situation, la perspective d’un dernier grand rendez-vous mondial. L’homme du sacre continental de 2019 regardera probablement le Mondial à la télévision. Cruel épilogue pour un attaquant qui aura longtemps symbolisé la rage et l’efficacité de l’Algérie version Belmadi.
