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Édito. Coupe du monde / Algérie : le grand silence après l’âge d’or des chants des Verts ?

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Chanson Algérie
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Il ne manque pas quelque chose ? Pour ceux qui ont vibré au rythme des grandes épopées de l’équipe d’Algérie, un élément du décor semble aujourd’hui s’être évaporé : la musique. La trompette algérienne paraît enrhumée, la batterie rouillée, et le synthétiseur comme essoufflé, peinant à retrouver ce souffle qui faisait autrefois vibrer les travées des stades, les rues, les maisons et les venelles. Les instruments, jadis complices d’une ferveur débordante, sont aujourd’hui hésitants, silencieux, comme si la partition collective avait perdu ses notes les plus essentielles.

Autrefois pilier de l’atmosphère entourant les Verts, la chanson à la gloire de l’équipe nationale s’est peu à peu effacée, laissant place à un silence déroutant. Plus aucun nouveau chant pour porter les espoirs, plus aucun refrain fédérateur pour faire battre, chavirer et mobiliser les cœurs à l’unisson.

Ce vide artistique contraste avec un passé encore proche, où les mélodies accompagnaient chaque match, chaque exploit, et donnaient naissance à un véritable rêve collectif, dans lequel petits et grands, jeunes et anciens, se retrouvaient à fredonner les mêmes refrains, portés par une même voix, une même ferveur.

Mais alors, comment expliquer ce déclin d’un symbole pourtant si marquant du patrimoine culturel algérien ?

Coupe du monde : fin de l’âge d’or de la chanson sportive, pourquoi l’Algérie ne chante plus ses Verts comme avant ?

À la veille du coup d’envoi de la campagne de l’équipe nationale en Coupe du monde, le constat est frappant. Un événement d’une telle ampleur ne parvient plus à mobiliser les artistes comme autrefois. Que s’est-il passé ? Il fut un temps où certains n’hésitaient pas à délaisser leur univers musical pour épouser, le temps d’un morceau, la ferveur du sport. Aujourd’hui, cet élan semble s’être dissipé.

Une première lecture pourrait lier ce désintérêt aux récentes désillusions des Verts. Il est sans doute moins séduisant de chanter lorsque les résultats ne suivent pas. Mais une autre analyse, plus profonde, émerge du regard d’un spécialiste du genre. Cheb Toufik, figure emblématique de la chanson sportive algérienne, ne détourne pas le regard : « la chanson sportive est dans un état de coma. Plus personne ne s’y intéresse ».

Selon lui, les racines du problème sont ailleurs « L’engouement des années 2010 était éphémère. Certains s’y sont engouffrés par opportunisme, sans porter la véritable essence de ce genre : la passion du pays et du sport. Chanter pour le sport, c’est accepter un risque. Et aujourd’hui, certains n’assument plus cette étiquette. En 2010, nous faisions des animations qui duraient des heures avant le coup d’envoi des matchs, maintenant, tout a changé », nous a-t-il confié.

Ainsi, ce mal, ce désert artistique flippant, vient davantage de l’industrie que du terrain. Certes, quelques morceaux continuent d’émerger, mais ils peinent à retrouver l’âme, la puissance et la popularité d’autrefois. L’âge d’or de la chanson sportive algérienne semble désormais appartenir au passé. Ce dernier s’est décomposé, mais reste si parfait, tant les morceaux emblématiques, qui faisaient chavirer les foules, qui donnaient une voix aux émotions collectives et rythmaient les jours comme les nuits, se sont inscrits dans la mémoire culturelle des Algériens, eux qui ont mis la barre très haut.

Ironie du sort et du temps : à l’ère où la technologie permet de produire plus facilement que jamais, l’essentiel — le cœur — semble s’être perdu en chemin. À l’inverse d’une époque où les moyens manquaient, mais où la sincérité débordait.

Reste alors la mémoire. Celle d’un patrimoine musical vibrant, inscrit à jamais dans la culture populaire algérienne. Des titres intemporels qui continuent de résonner « Zoj b zoj dakhlo », « One, Two, Three, Viva l’Algérie », « Djibouha ya Lewled » ou le classique « Mabrouk Alina », pour ne citer qu’eux, témoins d’une époque où la musique et le football ne faisaient qu’un. Heureusement, les souvenirs, eux, ne s’effacent pas.

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