Quand, il s’adresse à l’Afrique, il n’hésite jamais à hausser le ton. Par contre, quand on lui demande de parler des bavures et défaillances constatées aux Etats-Unis d’Amérique, il répond avec des répliques déconcertantes. Gianni Infantino, président de la FIFA, se veut dribbleur comme Ronaldinho. Et c’est tellement maladroit car il n’a pas l’adresse de Rivelino. Surtout quand il veut se substituer à la justice d’un pays souverain comme l’Algérie. Mercredi, il avait pris un moment pour défendre Christophe Gleizes avec une théâtrale plaidoirie. Il a choisi de compatir avec un journaliste quand il avait fait l’aveugle quand les autorités de Donald Tump ont blackboulé un arbitre. On appelle cela cautionner l’arbitraire.
Une phrase pour immiscer la politique dans le sport. Cette interférence qui sanctionne la Russie de Poutine et ferme les yeux sur les dérives de l’Occupant sioniste. La même immixtion qui défend Gleizes et omet Omar Artan parce qu’il vient de Somalie.
L’inflexion avec les uns, la réflexion avec le autres
« Il y a un siège libre, celui du journaliste français Christophe Gleizes, qui est le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde, a déclaré le président de la FIFA. J’espère vraiment que dans un grand acte d’humanité, on lui accordera une grâce présidentielle et qu’il pourra même nous rejoindre pendant la Coupe du monde », lâchait dramatiquement Gianni. Lui qui est tantôt neutre comme la Suisse, tantôt théâtral en raison de ses gènes d’Italie.
Il est Italo-Suisse et on pourrait trouver explication à son attitude. En revanche, ce qu’on a du mal à cerner, c’est son hypocrisie quand il clame la mansuétude. La bicéphalité est de plus en plus manifeste. Avec certains, il montre la poigne ferme. Avec d’autres, c’est sa bouche qu’il ferme. Comme quand on lui a demandé de parler des défaillances constatées avant le début du Mondial au Pays de l’Oncle Sam. Etrangement, il s’était contenté de faire dans l’inflexion plutôt que la réflexion. « Concentrons-nous sur le football », disait-il.
En effet, vous n’êtes pas « les rois du monde »
Voilà M. Infantino. Vous serez avisé de vous concentrer sur votre domaine et la réussie de votre Mondial à 48 sélections qui ne vise qu’à décupler les gains pour votre Fédération. N’est-ce pas vous qui avez dit qu’« on essaie toujours de trouver des solutions. Mais on doit respecter le fait que nous ne sommes pas les rois du monde, que l’on ne peut pas passer au-dessus des gouvernements, des forces de polices. Nous sommes une organisation sportive, on fait de notre mieux. »
Le paradoxe est que vous n’avez pas manqué d’outrepasser votre fonction en tentant ce coup de pression planétaire à l’encontre de l’Algérie qui a aussi ses institutions, son Gouvernement et son Président. Gleizes n’est pas pris en otage. Il est incarcéré pour des faits que la justice algérienne a jugés avérés… tout comme les bombardements qui ont coûté la vie à plus de 250 journalistes en Palestine occupée. Et s’i vous préoccupe autant, vous pourrez consacrer une partie des 13 milliards de dollars de gains prévus de la CDM 2026 pour payer sa caution. Ah mais non ! On a oublié de vous dire : la liberté ne s’achète pas tout le temps avec l’argent qui vous a tellement obnubilé. Jusqu’à déformer la plus prestigieuse des compétitions en vantant une universalité qui ne sert que des agendas précis et vos propres intérêts.
