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EN/Binationaux: Un dossier à forte versatilité

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En juin dernier, le sélectionneur national Djamel Belmadi annonçait des venues prochaines de binationaux. Yacine Adli avait donné son accord pour débarquer en septembre. Toutefois, le joueur a décidé de différer sa venue à une date FIFA ultérieure. Ce rebondissement rappelle, si besoin, que le dossier des joueurs ayant la double-nationalité sportive reste (très) complexe et à plusieurs variables. Qu’il s’agisse de sincérité ou d’investissement, il n’y a jamais de certitudes sans fêter la première cape.

Il y a trois mois, Djamel Belmadi s’était montré optimiste. «On est en train de récolter les fruits, les joueurs ne sont pas encore là mais les discussions se précisent, et tendent vers des décisions qui nous arrangeront qui iront dans ce sens, et ils nous rejoindront à terme, en septembre ou en mars », se réjouissait le coach des Fennecs.

Belmadi a baissé la garde et…

Ainsi, on était loin du discours dissuasif qu’il prônait lorsque l’EN carburait et performait entre 2019 et 2021. En cette période, le driver des Verts était persuadé que c’est les joueurs qui devaient faire le premier pas pour devenir international algérien et intégrer un team qui trônait sur l’Afrique. Survenaient alors le bide à la CAN-2021 et la non-qualification à la Coupe du Monde 2022. 

Ces deux déroutes ont forcé un revirement de la donne pour un Belmadi qui avait verrouillé son commando. Ce dernier ne comptait pas y incorporer des “opportunistes” qui auraient clamé leur amour pour l’Algérie juste pour augmenter leur CV avec une participation au Mondial. Le contretemps de l’absence du rendez-vous planétaire vient contraindre l’ancien driver d’Al-Duhail SC de reconstruire et renforcer ses troupes. Le tout en optant pour une approche moins repoussoir. Ceci devient vital sachant que l’ossature qui a fait la force et les moments de gloire des Guerriers du Désert est vieillissante. Injecter du sang neuf et jeune oblige à aller chercher des plus-values de l’autre côté de la rive avec un label local qui n’est toujours pas une garantie.

Le sacrifice n’existe(ra) plus à ses yeux 

S’il s’est souvent voulu évasif quand il était interrogé sur les Aouar, Cherki, Aït Nouri outre Adli et Gouiri, Belmadi a fait une révélation étonnante en marge de sa dernière conférence de presse. Il a indiqué que « les jalons se sont posés il y a très longtemps, il y a des discussions qui ont été faites il y a 4 ans, avec certains joueurs, ça évolue » en arguant que « pour l’intérêt de l’EN, je n’ai jamais voulu mettre en avant ces discussions, pour éviter les pressions ».

Par ailleurs, il balancera une phrase lourde de sens. En effet, il note que « comme je vous l’ai toujours dit, à part l’équipe du FLN, personne ne s’est sacrifié pour la sélection ». En d’autres termes, au fil des échanges, Belmadi a compris que dans cas pareils, les postulants traitent leur arrivée sous ses différents aspects. Il n’y a pas de dévouement pur ou un sentiment d’appartenance tenace qui poussent le footballeur à opter pour l’équipe nationale la moins “bling bling” sportivement.

Les exceptions Arrache et Ziani

Pour résumer, si on prend le cas de la France, elle apporte plus tant financièrement (contrat sponsoring et cote sur le marché) que sportivement à l’athlète avec des participations constantes en Coupe du Monde et le fait de jouer les premiers rôles dans les différents tournois. Néanmoins, on ne peut passer outre la sincérité de certains dans un passé récent. On peut évoquer les cas Salim Arrache et Karim Ziani.

Les deux n’avaient que les Verts en tête. Le premier nommé a décliné l’invitation de Raymond Domenech chez les espoirs français après des débuts pro tonitruants au RC Strasbourg. Quant au second, il avait publiquement dit qu’il attendait une convocation de l’Algérie lorsqu’il a été questionné par une chaine TV sur ses chances de jouer en équipe de France. A cemoment ; il débutait sa carrière à Troyes en Ligue 1 à tout juste 19 ans.

Préférable de préserver l’aspect confidentiel 

Au-delà de l’aspect affectif, il y a les agents qui peuvent se mêler à ces tractations. Les conseillers sont susceptibles de brouiller le désir d’un footballeur. Surtout quand il a le potentiel de prétendre à jouer pour la meilleure des deux sélections. En revanche, le manager peut aussi pousser son client à retarder son arrivée. Notamment dans le cas où il a du mal à s’imposer en club. Sur le plan “affaire”, la priorité reste toujours de performer avec l’équipe qui l’emploie sur l’année.

Et c’est manifestement le cas d’Adli. Peut-on dire que Belmadi l’a appris à ses dépens ? La réponse est non tant le premier responsable de la barre technique d’El-Khadra semble connaître cet aspect. En tant que joueur, il avait aussi retardé sa  première convocation en EN (en juillet 2000 à 24 ans). Son argument était qu’il voulait s’imposer à l’O Marseille. Toutefois, l’épisode d’Adli vient le confronter à la versatilité et l’incertitude dans ces dossiers. La prochaine fois, le successeur de Rabah Madjer sur le banc Dz ne se prononcera probablement pas au préalable pour éviter de donner l’impression d’avoir pris un vent. Surtout que le traumatisme Fekir et sa volte-face sont restés dans les esprits.

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