Alors que son effectif affiche, sur le papier, une richesse technique et un réservoir de talents capables de faire la différence dans le jeu ouvert, l’équipe d’Algérie a emprunté un chemin inattendu pour venir à bout de la Jordanie. Là où on l’attendait le moins, ce sont les phases arrêtées qui ont fait la différence.
Bousculés après s’être montrés stériles, les Verts se sont fait peur avant de finalement s’imposer lors de ce deuxième match de poules de la Coupe du monde 2026. Un succès précieux qui relance leur parcours, sans pour autant dissiper les doutes. Car au-delà du résultat, c’est la manière qui interroge. Sur un coup franc puis un corner, l’Algérie a trouvé la faille, là où l’imaginaire collectif et la logique, voyaient davantage une équipe tournée vers le jeu combiné et la créativité offensive.
Certains y verront une force supplémentaire, la capacité à varier les registres et à s’adapter face à un bloc bas, surtout après l’ouverture du score jordanienne. Pourtant, cela pourrait être révélateur d’un signal plus préoccupant : celui d’une équipe qui peine à imposer ses qualités intrinsèques.
Après avoir tout donné sur le terrain, Ramy Bensebaini semblait boîter sérieusement en quittant le stade… pic.twitter.com/rCw8h2JOo9
— La Gazette du Fennec (@LGDFennec) June 23, 2026
Équipe d’Algérie : où résident vraiment les forces de frappe des Verts ?
Avec des profils aussi techniques que Riyad Mahrez ou Anis Hadj Moussa sur les ailes, un milieu de terrain orchestré par le talent d’Ibrahim Maza, épaulé par un lien essentiel comme Farès Chaïbi, sans oublier des latéraux modernes et percutants à l’image de Rayan Aït-Nouri, l’équipe d’Algérie semble bâtie pour dominer dans le jeu, déséquilibrer par le mouvement et créer des décalages.
Dans ce contexte, voir les Verts faire la différence sur des balles arrêtées peut surprendre, même si la physionomie du match a pu l’imposer. C’est justement cette bascule qui interroge : fallait-il vraiment en arriver là pour faire plier un adversaire très largement à leur portée ?
Autrefois, les coups de pied arrêtés constituaient une arme majeure, presque une identité qui distinguait l’équipe nationale. Or, faut-il rappeler que nos limites techniques de l’époque rendaient ce registre indispensable. Aujourd’hui, la donne a changé. Le niveau individuel s’est élevé, les profils se sont diversifiés, et l’on s’attend logiquement à voir l’Algérie s’appuyer d’abord sur ses forces intrinsèques.
Bien sûr, disposer de cette corde supplémentaire à son arc reste un atout indéniable, surtout dans les matchs fermés où le moindre détail compte. Mais encore faut-il que cela s’inscrive dans une logique globale. Une logique qui passe, sans doute, par l’installation d’un onze type clair et assumé, capable d’imposer un style et de faire primer ses qualités naturelles dans un tournoi aussi exigeant.
Car à ce niveau, subir le scénario plutôt que l’écrire peut vite devenir une limite.
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