La vitesse est toujours là. L’explosivité aussi. Mais quelque chose s’est grippé chez Mohamed Amine Amoura. Longtemps considéré comme l’une des armes offensives les plus redoutables des Verts, l’attaquant de Wolfsburg traverse une zone de turbulences qui semble ne plus le quitter. Sa saison en club, particulièrement contrastée, a laissé des traces. Et celles-ci sont désormais visibles sous le maillot national.
Face à ce constat, Salah Assad refuse toutefois de céder au pessimisme. L’ancienne gloire des Verts, qui a régné en maître sur le couloir gauche de la sélection dans les années 1980, demeure convaincue que l’international algérien possède toutes les ressources pour rebondir.
Sur le plateau d’une émission consacrée au Mondial sur El Bilad, Assad a analysé la situation d’Amoura et identifié deux facteurs majeurs expliquant sa baisse de rendement chez les Verts. Le premier est psychologique. Selon lui, les difficultés rencontrées à Wolfsburg ont progressivement affecté la confiance du joueur. Match après match, les frustrations se sont accumulées, altérant sa lucidité et sa sérénité dans les moments décisifs.
« On le voit parfois tenter sa chance alors qu’une passe semblait être la meilleure option », observe en substance l’ancien international. Une attitude qui traduit davantage un besoin de se rassurer qu’un manque de vision du jeu. À la recherche du geste qui pourrait enfin le relancer, Amoura paraît parfois forcer son destin. Sans succès jusqu’ici.
Le second élément concerne son utilisation sur le terrain. Pour Assad, le natif de Jijel serait plus dangereux dans l’axe ou sur le flanc droit, où ses qualités de percussion pourraient davantage s’exprimer. Une réflexion intéressante, même si la concurrence à droite, avec Riyad Mahrez et Anis Hadj Moussa, réduit considérablement les marges de manœuvre de Vladimir Petkovic.
Reste que le salut passera avant tout par le principal intéressé. Car malgré cette période de doute, Amoura garde ses principales qualités. Sa pointe de vitesse continue de faire des différences, tout comme son pressing incessant qui perturbe les défenses adverses. Les jambes répondent. Il manque seulement ce déclic, ce but ou cette passe décisive capable de réenclencher la machine.
À 26 ans, Amoura n’a rien perdu de son potentiel. Il lui reste désormais à retrouver l’efficacité qui faisait sa force il y a encore quelques mois.
