Ancien sélectionneur de l’Algérie, du Maroc, de la Côte d’Ivoire et du Japon, Vahid Halilhodžić fait partie des rares techniciens à avoir qualifié quatre sélections différentes pour une Coupe du monde. Dans un entretien accordé à Flashscore, l’entraîneur bosnien est revenu sur les moments marquants de sa carrière internationale. Halilhodžić a notamment évoqué la qualification historique de l’Algérie au Mondial 2014, son passage douloureux au Maroc ainsi que les souvenirs indélébiles laissés par son aventure avec les Fennecs.
Invité à désigner la qualification pour une Coupe du monde qui lui procure le plus de fierté, Vahid Halilhodžić n’a pas hésité à mettre en avant celle obtenue avec l’Algérie. Le technicien rappelle qu’il avait hérité d’une sélection en pleine reconstruction, avant de parvenir à la qualifier dans un groupe particulièrement relevé : « J’ai qualifié quatre sélections pour la Coupe du monde et, dans la plupart des cas, de manière assez convaincante. Avec la Côte d’Ivoire, le Japon et le Maroc, les qualifications se sont déroulées sans grandes difficultés. Avec l’Algérie, la situation était différente. J’ai dû mener une profonde reconstruction avec une nouvelle génération de joueurs, dans un groupe particulièrement relevé. Malgré cela, nous avons réussi à nous qualifier. Je suis aussi le seul sélectionneur à avoir été empêché, à trois reprises, de montrer en Coupe du monde ce que j’avais réellement construit et mérité. Le principal problème venait de certaines personnes influentes — ministres, présidents ou dirigeants — qui cherchaient à intervenir dans mes choix de joueurs. Au Japon, par exemple, certains sponsors soutenant des joueurs particuliers versaient de l’argent à la fédération afin qu’ils soient sélectionnés. J’ai toujours refusé ce type d’ingérence. »
Le Maroc, une blessure toujours ouverte
Interrogé ensuite sur le parcours historique du Maroc lors de la Coupe du monde 2022, Halilhodžić a reconnu qu’il n’avait jamais réussi à tourner la page de son éviction. L’ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas explique ne plus suivre la sélection marocaine depuis son départ : « Je préfère ne pas trop en parler. Depuis mon départ du Maroc, je n’ai pas regardé une seule seconde de leurs matchs. Pas une seule seconde, car ce que j’ai vécu là-bas a été un véritable cauchemar. J’avais tout préparé avec énormément de soin et investi beaucoup d’énergie dans ce projet. Être écarté sans raison valable est quelque chose que l’on n’oublie pas. J’ai consacré tellement de temps et d’efforts à cette équipe que cette blessure reste encore présente aujourd’hui. »
Au cours de cet entretien, le technicien bosnien est également revenu sur le parcours historique réalisé par l’Algérie lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Une aventure qu’il considère encore aujourd’hui comme l’un de ses plus grands accomplissements : « J’en suis très fier. Ce fut une aventure exceptionnelle, à la fois sportive et humaine. Je disposais d’un groupe de joueurs encore peu connus sur la scène internationale, mais grâce à l’expérience, au travail et à beaucoup de courage, nous avons réussi à obtenir un résultat historique. Le match contre l’Allemagne reste particulièrement marquant. Durant tout le tournoi, ils n’ont réellement souffert que face à nous, avant de devenir champions du monde. De nombreux observateurs estimaient même que nous méritions de gagner cette rencontre. Je me souviens qu’après le match, l’ensemble du staff allemand est venu me féliciter. C’est un souvenir qui restera gravé à jamais. »
Un lien toujours fort avec le peuple algérien
Enfin, Halilhodžić a assuré que son passage à la tête des Fennecs continue encore aujourd’hui de lui valoir une immense reconnaissance : « Absolument. Les Algériens gardent un très bon souvenir de cette Coupe du monde et de ce que nous avons accompli ensemble. Les journalistes algériens continuent régulièrement de me solliciter, même si je réponds rarement à leurs demandes. Cette aventure m’a valu un immense respect dans le pays. »
🇩🇿 « Attention… » : Madjer prévient les Fennecs ! 💥 pic.twitter.com/9zRT997iFG
— La Gazette du Fennec (@LGDFennec) June 13, 2026
