La Suisse a décroché son billet pour le tour suivant en éliminant l’Algérie ce jeudi soir en seizième de finale de la Coupe du Monde 2026. En conférence de presse d’après-match, le sélectionneur de la Nati, Murat Yakin, est revenu sur les clés de cette qualification.
Le match a été marquée par un choix fort de Vladimir Petkovic : se passer d’un véritable avant-centre : « C’est vrai que notre structure tactique n’a pas tout à fait fonctionné durant les 10 ou 15 premières minutes, jusqu’à ce que nous procédions à un petit repositionnement au milieu après le but. L’Algérie n’avait pas aligné de véritable attaquant de pointe nominal. Ils avaient plutôt des milieux axiaux ou des milieux offensifs, ce qui rendait notre pressing très difficile et nous obligeait à courir sur de longues distances. Nous avons été un peu acculés, ce dont nous n’avons pas l’habitude, et nous ne pouvions pas déployer notre pressing. Mais cela a aussi libéré des espaces où nous avons pu nous défaire du marquage à deux ou trois reprises. Le but est tombé au bon moment. Par la suite, je pense que nous avons maîtrisé le match la majeure partie du temps. C’est une performance mature, solidaire, face à des joueurs adverses aux fortes qualités individuelles, comme on l’a vu aujourd’hui, mais qui n’ont globalement pas été si dangereux que ça devant le but. Peut-être à cause de cette absence d’un pur attaquant de pointe. »
Le respect pour « Vlado »
Interrogé sur sa guerre tactique avec son homologue algérien, Murat Yakin a préféré ne pas dévoiler toutes ses recettes, tout en rendant un vibrant hommage à son équipe : « Je préfère garder mes secrets pour moi. J’ai le plus grand respect pour Vlado. On essaie bien sûr de décrypter la manière de jouer, la structure et la stratégie de l’entraîneur adverse. Je commence à le connaître un peu. Mais quand il aligne de tels joueurs sur le terrain, des joueurs qui veulent faire du jeu comme on l’a vu aujourd’hui, il faut savoir souffrir. Mon équipe l’a bien accepté. »
L’éclair de Johann Manzambi
Revenant plus en détail sur le positionnement des Fennecs, qui attaquaient en nombre depuis la profondeur et submergeaient les couloirs, Murat Yakin a insisté sur l’importance cruciale de l’ouverture du score, véritable tournant : « Oui, son choix [d’aligner une équipe sans pur neuf] m’a surpris. C’est pour ça que je connais Vlado. Il essaie toujours de positionner ses joueurs de manière à nous poser des problèmes. Ils ont très bien résolu cela par phases. Certes, leur ligne offensive n’avait pas d’attaquant de pointe, mais ils ont attaqué depuis la profondeur. Ils ont projeté plusieurs joueurs vers l’avant, ainsi que sur la largeur, là où nous avons éprouvé d’immenses difficultés. Nous étions en situation d’infériorité numérique au milieu, ce qui nous empêchait de mener à bien notre pressing. Après, au bon moment, il y a eu cet effort de Johann Manzambi, dans un moment où nous avions énormément travaillé défensivement et souffert, pour nous donner l’avantage au tableau d’affichage. C’est à ce moment-là que j’ai transmis un ajustement aux joueurs pour que nous occupions mieux l’axe central. À partir de là, nous avons mieux maîtrisé la rencontre. »


