L’ancien international algérien Djamel Mesbah, connaisseur du football helvétique pour avoir porté les couleurs du Servette FC, du FC Bâle et du Lausanne-Sport, a livré son regard, dans un entretien accordé à 24heures, avant le seizième de finale de la Coupe du Monde 2026 entre l’Algérie et la Suisse.
Le scénario complètement fou de la dernière rencontre de phase de poules a eu une double conséquence : offrir le match nul aux Autrichiens et permettre à l’Algérie d’éviter l’Espagne pour retrouver la Suisse. L’ancien latéral gauche tempère immédiatement cet enthousiasme populaire : « En Algérie, les gens pensent qu’il sera facile de battre la Suisse, oui, il y a un peu ce sentiment qui existe. Mais ils ne connaissent pas la Suisse comme je la connais. Je sais que cela ne sera pas simple pour nous. »
Conscient que le standing de la Nati est souvent sous-estimé par le grand public, l’ancien entraineur adjoint de l’Algérie A’ insiste sur le vécu collectif de cet adversaire, préférant placer les deux nations sur un strict pied d’égalité : « Non, cela ne sera pas facile pour l’Algérie. C’est certain, je préfère avoir pour adversaire la Suisse que l’Espagne, c’est naturel. Mais je dis attention. La sélection helvétique est forte, expérimentée, elle a deux quarts de finale d’un Euro qui parlent pour elle, elle a l’habitude de ces rendez-vous. Cela dit, nous avons des qualités aussi. Pour moi, c’est du 50-50. »
Une armada offensive
Pour bousculer le bloc suisse, les Fennecs disposent d’arguments techniques indéniables à l’avant-poste : « Notre potentiel offensif. Il y a bien sûr Riyad Mahrez, mais aussi Gouiri, Chaibi, le jeune Maza. Et puis nous avons aussi au milieu celui qui apporte l’équilibre: Nabil Bentaleb. Lui, c’est notre Granit Xhaka à nous, celui qui dicte le rythme. »
Cette fluidité technique et cette capacité à combiner dans les petits espaces pourraient s’avérer être l’arme fatale pour déstabiliser l’arrière-garde suisse : « On aime jouer avec une multiplication de petites passes et nous avons les qualités pour le faire dans les trente derniers mètres. Je pense que cela peut gêner la Suisse dans son jeu défensif un peu statique. »
La méthode Petkovic adoptée mais…
Le sélectionneur national, Vladimir Petkovic a su imposer sa patte tactique et regagner l’estime du public. Cependant, Mesbah rappelle la ferveur et l’extrême exigence entourant les Verts : « Il a maintenant la cote en Algérie. Avec lui, on commence toujours dans un 4-2-3-1 et on termine souvent dans un 3-4-3. Le principe de jeu, c’est de relancer depuis derrière à trois, avec un milieu qui vient se glisser entre les deux centraux. Petkovic travaille bien. Mais le peuple algérien est très exigeant: si l’on est éliminé par la Suisse, ce sera la catastrophe et les critiques pleuvront à nouveau. »
Les déséquilibres défensif
Cette ambition de confisquer le ballon et de se projeter massivement vers l’avant comporte des risques évidents : « Nous sommes très joueurs et nous nous projetons facilement offensivement. Alors cela ouvre des espaces, notamment derrière les latéraux, sur les couloirs. À la perte de balle, nous pouvons être vulnérables si la rupture va vite. »
Enfin, la question récurrente de la hiérarchie et de la sérénité au poste de gardien de but reste l’une des grandes interrogations à l’aube des matchs à élimination directe : « Ce n’est pas simple à ce niveau-là, c’est vrai, on cherche la bonne solution, mais je veux rester confiant »


