Dans un long entretien accordé à La Gazette du Fennec, Adem Zorgane est revenu sur son parcours, depuis ses débuts à Sétif jusqu’à son ascension en Belgique sous les couleurs d’Union Saint-Gilloise. Le milieu de terrain algérien a également évoqué son rêve de disputer la Coupe du Monde 2026 avec les Fennecs.
Extraits les plus marquants : l’interview complète est à retrouver sur la chaîne YouTube de La Gazette du Fennec.
« J’ai un père respecté en Algérie »
Issu d’une famille sportive, avec une mère ancienne nageuse et un père ancien international algérien, Adem Zorgane a naturellement choisi le football. Fils de Malik Zorgane (9 sélections, 2 buts), l’actuel joueur de l’Union Saint-Gilloise reconnaît que cet héritage a parfois été lourd à porter : « C’est bien et pas bien. Il y a une certaine pression, mais moi je la prends de manière positive. J’ai un père respecté en Algérie et à Sétif, qui a laissé un nom propre, et ce n’est pas à moi de le salir. »
« Jouer pieds nus nous aidait techniquement »
Formé au Paradou AC, réputé pour son académie, Zorgane garde un souvenir marquant de sa formation : « Techniquement, on était parmi les plus forts. À l’époque, c’était à la mode de jouer pieds nus, sans gardien. Même dans la vie, ça m’a apporté plein de choses. Pourquoi jouer pieds nus ? C’était pour renforcer le pied et améliorer les sensations avec le ballon. »
« La nationalité joue un rôle »
Après le Paradou, Zorgane a choisi la Belgique plutôt que le Portugal pour lancer sa carrière européenne : « J’avais Braga au Portugal et Charleroi en Belgique, mais j’ai choisi Charleroi parce que Youcef Atal et Ramy Bensebaïni sont passés par là (Belgique, ndlr) et ils ont réussi. Il y avait aussi la langue qui a joué. Après, en Belgique, beaucoup de clubs recherchaient des Algériens comme Kadri, Titraoui ou Benbouali. »
Auteur de plusieurs saisons solides avec Charleroi, il estime toutefois avoir été sous-coté sur le marché : « Je devais partir après ma première ou ma deuxième année maximum. Je suis arrivé à 21 ans dans un club qui jouait le maintien et j’avais de belles statistiques. J’ai vu des joueurs belges du même âge que moi, qui n’ont pas fait la saison que j’ai réalisée, évoluer dans de meilleurs clubs et partir plus rapidement que moi. Dans le football, la nationalité joue un rôle. Tu es sous-estimé parce que tu es Algérien, parce que tu viens d’Algérie, ça je peux te le confirmer, et même des joueurs avant moi peuvent le faire. Il y a même des Franco-Algériens qui, dès qu’ils ont choisi l’Algérie, ont perdu des contacts. Je ne regretterai jamais d’être Algérien, c’est une fierté, mais c’est juste comme ça. »
Un choix pensé pour l’équipe nationale
L’été dernier, Zorgane a rejoint Saint-Gilloise afin de franchir un cap, notamment pour continuer à exister en sélection : « Je l’ai fait pour l’équipe nationale, pour être toujours sélectionné et avoir une chance de jouer afin de montrer mes qualités. J’ai toujours rêvé de jouer la Ligue des champions, donc quand l’Union est arrivée, je n’ai pas hésité. C’était le moment de montrer aux autres qu’Adem n’est pas seulement bon dans le championnat belge, mais qu’il peut aussi être performant en Ligue des champions. Je pense avoir réalisé de belles performances contre de grands clubs et de grands joueurs. »
Le milieu de terrain nourrit désormais d’autres ambitions : « Ça va faire cinq ans que je suis en Belgique, donc j’ai vu le niveau. Cette année, je veux être champion avec l’Union et pourquoi pas réaliser le doublé (entretien réalisé avant le sacre de l’Union Saint-Gilloise en Coupe). Chaque joueur veut franchir des caps dans sa carrière et découvrir d’autres championnats. Moi, j’ai toujours été fan du championnat espagnol parce qu’il est technique et que cela correspond à mon style de jeu. »
Le rêve du Mondial 2026
Passé par toutes les catégories de jeunes de l’Algérie avant d’atteindre les A, Zorgane espère désormais faire partie du groupe retenu par Vladimir Petkovic pour le Mondial 2026 : « T’attends toujours que ton nom sorte dans cette liste. Ce n’est pas tous les jours qu’on joue avec l’équipe nationale, ça nous manque. On a une très belle ambiance dans le groupe, avec des joueurs expérimentés et des jeunes. J’ai toujours envie d’être sélectionné et de donner le meilleur de moi-même pour l’Algérie. »
Conscient qu’il ne s’est pas encore imposé durablement avec les Verts, il analyse lucidement sa situation : « J’aurais aimé gagner une place de titulaire en équipe nationale. Avec mes qualités et les performances que je réalise, je dois faire encore mieux. J’ai fait de bons matchs, mais je n’ai jamais enchaîné en tant que titulaire. Un footballeur doit enchaîner les rencontres, la confiance c’est presque tout. Quand tu as la confiance du groupe et du staff, tu peux faire ce que tu fais en club. Les gens disent parfois : “Pourquoi en équipe nationale tu n’es pas comme en club ?” C’est normal. En club, je joue chaque week-end, j’enchaîne les matchs, j’ai la confiance de tout le monde et je peux m’exprimer sur le terrain. En équipe nationale, les matchs reviennent parfois tous les trois mois, des fois tu joues titulaire, des fois tu ne joues même pas, donc tu perds un peu en confiance. »
Enfin, évoquant le groupe de l’Algérie au Mondial avec l’Argentine, l’Autriche et la Jordanie, Zorgane affiche ses ambitions : « L’Argentine, il y a Messi, ils sont champions du monde en titre, mais rien n’est impossible. On a beaucoup de qualité et on peut battre n’importe quelle équipe. On l’a vu lors de la dernière Coupe du monde : l’Argentine a perdu son premier match contre l’Arabie saoudite. Il y a toujours des surprises. Nous, on doit surtout regarder ce qu’on fait. Si on est dans un grand jour, on peut battre n’importe qui. »
