Au terme du match MB Rouissat – Paradou AC (1-2), de nombreux Algériens avaient un petit pincement au cœur. Battus pour la 18e fois en championnat cette saison, les Pacistes (14es, 24 points) font officiellement leurs adieux à l’élite algérienne neuf ans après y avoir accédé. S’il ne s’agit pas d’un club historique qui rétrograde, c’est une véritable école de la nouvelle ère en Algérie qui va quitter les devants de la scène.
Après avoir échappé à la punition en 2020 et 2021, les Académiciens ont fini par rendre le bulletin du mauvais élève. Mais ce n’est pas sans avoir montré les qualités qu’on leur connait. D’ailleurs, il y a deux semaines seulement, ils ont claqué, avec un récital foot, 5 buts (5-3) au CS Constantine (6e, 43 points) qui luttait alors pour une place africaine. Problème, le PAC joue peut-être un peu trop à la baballe et répète les gammes sans trop se préoccuper de la quête aux points. Et cela a fini par coûter cher.
“Construire, transmettre et former les jeunes talents” restent les priorités
La formation de Hydra donne l’opportunité aux jeunes de jouer. La priorité est à l’exposition du produit. On pense aux Badani (19 ans), Ben Idder (19 ans), Kohili (20 ans) et Ramdaoui (20 ans) qui ont eu le temps de montrer leurs qualités et ce qu’ils ont appris durant leur formation. Pour l’anecdote, avec 33 réalisations, le PAC a une aussi bonne attaque que le MC Oran qui est troisième au classement. Aussi, on peut mentionner que Yacine Abed, qui fait sensation avec l’EN U17 à la CAN 2026 qui se joue actuellement au Maroc, est lui aussi issu du club.
Le communiqué pondu par la direction dans la foulée de l’officialisation de la descente rappelle l’essentiel. “Il s’agit d’une situation difficile que nous partageons tous, mais qui doit avant tout nous ramener à l’essentiel : l’identité profonde de notre club. Le Paradou AC n’a jamais été uniquement une équipe ou un classement. C’est avant tout une idée, une école, une philosophie basée sur le travail, la patience et la formation. Depuis sa création, notre force a toujours reposé sur notre capacité à construire, à transmettre et à former des générations de jeunes talents”, peut-on lire.
Gisement intarissable pour l’EN
Aussi, il était mentionné que “la Direction tient à réaffirmer que les jeunes joueurs des catégories de formation restent au cœur du projet du club. Ils représentent l’avenir, la continuité et l’espoir du Paradou AC. Nous restons pleinement engagés à leurs côtés pour les accompagner et leur offrir les meilleures conditions de progression.” Manifestement, l’ADN perdurera.
On est donc dans la ligne de production à laquelle le team de la banlieue d’Alger nous a habitués. Il est inutile de rappeler ce que le Paradou AC a donné à la sélection. La politique mise en place par Kheireddine Zetchi a porté ses fruits. En plus d’avoir permis à l’équipe d’atteindre le niveau suprême de la balle ronde nationale, Youcef Atal, Ramy Bensebaïni, Hicham Boudaoui, Adem Zorgane, Yacine Titraoui, Haithem Loucif, Riyad Benayad, Abdelkahar Kadri, et récemment Adil Boulbina ainsi que Nadhir Benbouali ont tous pu se frayer un chemin vers l’EN A.
Le produit continuera à circuler
Le PAC est le seul club en Algérie à avoir tenté le pari de la formation et prouvé que si la pâte est bien pétrie, il y a de quoi faire et exporter vers d’autres cieux. Ces réussites ont apporté de l’eau au moulin de Zetchi qui n’a jamais réclamé des subventions ou le soutien d’une entreprise nationale. Pourtant, son projet devait ouvrir droit à de l’aide et du soutien pour que les jeunes qui poussent dans les locaux de Tessala El Merdja restent dans un environnement qui favorisent leur éclosion.
Désormais rétrogradés, il faudra rebâtir. Après, on peut se douter que même dans l’antichambre, le rayonnement des prodiges comme Abed traversera le plafond de verre. Il suffit de repenser à Atal qui avait connu sa première cape chez les Fennecs avec Lucas Alcaraz alors qu’il jouait en D2.
