Il y était pour beaucoup dans sa révélation. En décembre dernier, lors de la Coupe arabe FIFA 2025 (1er – 18 décembre) au Qatar, Madjid Bougherra, alors sélectionneur de l’Algérie A’, décidait enfin de lancer et donner l’opportunité à Achref Abada. Une décision qui changera son destin. D’autant plus qu’il n’avait pas vraiment compté sur lui lors du CHAN 2025 (1 apparition de 6 petites minutes en 5 sorties) au mois d’août. La compétition arabe était l’occasion pour le sociétaire de l’ASO Chlef à l’époque de montrer ses qualités. Auteur d’un tournoi brillant, il devenait un prétendant pour les A. Il finira par décrocher une sélection en mars dernier. Avant d’en arriver là, le défenseur central a gravi les échelons et beaucoup travaillé pour progresser comme le note Bougherra.
L’ascension d’Abada était tellement fulgurante que Vladimir Petkovic, coach de l’EN A, avait manqué de le mettre dans sa liste élargie pour la CAN 2025. Le connaissant pertinemment, Bougherra retraçait, il y a quelques jours lors d’un passager sur AL 24, la montée en puissance de l’actuel pensionnaire de l’USM Alger.
Le match face au Soudan comme tournant
En l’espace de quelques matchs, Abada a pu mettre tout le monde d’accord. Rugueux, solide et généreux dans l’effort, il a pu tirer son épingle du jeu l’hiver dernier sur les terres qataries avec l’Algérie. D’ailleurs, après le tournoi, beaucoup le réclamaient pour disputer la CAN 2025. Malheureusement, cela n’était pas possible. En effet, le natif de Touggourt ne figurait même pas sur la liste élargie et n’était pas sélectionnable. Tout était allé très vite et sa prestation contre le Soudan était le déclic pour lui. Bougherra, qui l’a coaché avec l’équipe nationale des locaux, se souvient de comment l’Usmiste a éclos.
« Avant la Coupe arabe, je voulais le tester contre l’Egypte. C’est là que je me suis dit qu’il était prêt. Je me rappelle après notre premier match contre le Soudan qui était moyen, dans le vestiaire, devant tout le monde, j’ai félicité Abada par rapport à son match parce qu’il était sorti du lot. C’était la révélation donc je pense que ça l’a motivé et donné confiance. Après vous avez vu l’Abada que vous avez vu. En tout cas, il a un gros potentiel », indique l’ancien défenseur des Fennecs.
« Il avait beaucoup de lacunes tactiques »
Cependant, avant d’en arriver là, Abada a dû combler certaines lacunes. « Pour être honnête, c’est Zaoui, avant le début de saison qui me dit : “Madjid j’ai un très bon défenseur”. On l’a suivi. Au début, il avait beaucoup de lacunes tactiques (certainement dues à l’absence de la formation de base, NDLR) mais on a senti un joueur qui sait jouer au ballon et qui est très rapide, bon sur l’homme et explosif. On l’a pris et on était allé petit à petit. On n’a pas grillé les étapes car on a vu un potentiel en lui. On l’a intégré et on a travaillé tactiquement pour qu’il s’adapte à la façon de jouer que ça soit sur l’animation offensive ou défensive », révèle Bouggy.
A présent, Abada est un potentiel mondialiste. Selon toute vraisemblance, il sera parmi les 26 joueurs que Petkovic piquera pour disputer la Coupe du Monde 2026 (11 juin – 19 juillet) aux Etats-Unis, Canada et Mexique. Les capacités footballistiques de celui qui est aussi par le MC El-Eulma sont importantes. Même en tant que latéral droit face au Guatemala, il a pu se montrer convaincant. L’envie et la détermination, ce n’est pas ce qui lui manque. On ne pourra pas dire qu’il a volé sa place parmi les Guerriers du Désert.
