Vladimir Petkovic va résilier son contrat avec la Fédération algérienne de football (FAF). Et ça ne sera pas faute d’avoir atteint les objectifs fixés par l’employeur. En effet, cette rupture de la collaboration peut paraître contradictoire dans la forme tant la mission aura été remplie contractuellement. Cependant, sur le fond, les buts fixés étaient bien en-deçà de ce qui pouvait (devait) être réalisé quand on tient compte du potentiel et des moyens investis. Explications.
A vrai dire, quand on trace une feuille de route et qu’on place la barre, il faut s’assurer qu’elle soit au bon endroit. Par le “bon endroit” implique de ne pas se voir trop beau ni se faire trop petits quand on rêve grand et mise gros. Certes, Petkovic débarquait dans un contexte bien défavorable. Le fait était qu’il reprenait une sélection qui venait d’enchaîner trois gros échecs. Les Fennecs traînait deux éliminations précoces aux CAN 2021 et 2023. De plus, il y avait l’échec dans la qualification en Coupe du Monde 2022.
Surévaluation des performances
Dès lors, il fallait reconstruire. Sans pour autant repartir de zéro car, sur le plan de l’effectif, l’EN avait de quoi repartir de l’avant et redorer le blason. A ce moment-là, Walid Sadi, président de la FAF et ministre des Sports, a convenu sur deux choses avec les Suisso-Bosnien : passer le premier tour de la CAN 2025 et se qualifier à la Coupe du Monde 2026. En contrepartie, il a fait de lui le sélectionneur le mieux payé d’Afrique avec une mensualité de… 135 000 euros/mois. Entre nous, c’était cher payé.
Cher payé parce que les conditions restaient tout de même favorables pour remplir les tâches confiées par l’instance fédérale. Sans surprise, Petkovic a mené les camarades de Riyad Mahrez à quai sans avoir dégagé l’impression d’avoir trouvé le rythme de croisière. Le ticket du Mondial 2026 en poche et le quart de finale de la CAN 2025 atteint avant de sortir, en se faisait dominer par le Nigéria, le successeur de Djamel Belmadi devenait l’homme de la situation pour la FAF qui pour se rassurer sur son choix, est tombée dans l’amplification des performances. Ces parcours étaient présentés tels des “exploits”. Il devenait normal pour Petkovic de penser qu’il exhumait les Verts de parmi les morts. Une moitié de réalité. Une moitié de leurre aussi.
Les moyens investis et le potentiel mal-considérés
On comprend donc les raisons de sa déclaration après l’élimination de seizièmes de finale du Mondial 2026 face à la Suisse. « Arriver après douze ans dans une compétition de ce genre est déjà un grand succès. Et passer la phase de poules, pour la deuxième fois, j’ai toujours considéré cela comme un excellent résultat. Nous voulions faire mieux, mais, objectivement, nous n’avons pas été en mesure d’en faire plus et nous devons nous en contenter », lâchait-il. Une contentement assaisonné au défaitisme d’un driver qui a joué petit bras.
Telle une inéluctabilité, il tombé dans le contentement d’atteindre les buts sans chercher un supplément… d’âme. Ainsi, on se rend compte que la relation FAF – Petkovic avait, du côté du technicien, pour unique base ce que stipulait la “convention”. A savoir : remplir les tâches bruts. On comprend donc pourquoi l’entraîneur n’a pas vraiment pris le temps de façonner le jeu d’El-Khadra et le polir. Au final, la faute incombe aussi à la FAF qui a mis des objectifs un peu trop raisonnables compte tenu du potentiel et des moyens investis dans cette collaboration. La mauvaise affaire pendait forcément au nez.

