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Décryptage

Organisation des JM2021: pour Salim Ilès, l’Algérie jouera sa crédibilité

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Initialement, les Jeux Méditerranéens  dans leur 19e édition étaient programmés du 25 juin au 5 juillet 2021 à Oran. Pandémie du Coronavirus oblige, et comme la majorité des autres évènements importants, ils ont été décalés d’une année pour se dérouler en 2022. Cette reprogrammation a permis au Comité d’Organisation (COJEM) de gagner un peu de temps pour parfaire les préparatifs. Pour Salim Ilès, président du COJEM, cet événement sportif est une carte à jouer pour « hisser l’Algérie au rang des pays organisateurs des grands événements ». Pourtant, selon les derniers échos qui sont alarmants, la menace de retrait des JM 2021 à la ville d’Oran est une réalité !

A ses yeux, ça sera l’enjeu principal des joutes. En tout cas, c’est ce que Salim Iles a laissé entendre lors de son passage, en décembre dernier sur les ondes de la Radio Chaîne III. Pour l’ancien nageur de l’élite et son équipe, l’ambition majeure « est de réussir ces jeux et inscrire l’Algérie, en lettre d’or, dans la liste des pays organisateurs des grands événements.» Cette fois, il n’est pas question d’une manifestation arabe ou africain de second rang tant les JM constituent un challenge plus conséquent et exigeant.

C’est pourquoi l’ancien champion de natation fait allusion à sortir de la zone de confort habituelle estimant qu’« il faut élever notre niveau d’organisation et il ne faut pas se contenter des standards qu’on a l’habitude de voir dans des jeux continentaux, notamment, les Jeux africains ou les Championnats arabes ». Mais il faut savoir que ça ne sera pas la première fois que l’Algérie accueille le rendez-vous de la Méditerranée puisqu’elle a déjà eu l’opportunité de l’organiser en 1975. Ça sera une forme de repère et « il va falloir vraiment qu’on soit à la hauteur et faire comme les Jeux de 1975, au moins » comme prévoit Iles qui a fait part à toutes les parties concernées par cette date cruciale d’« élever leur niveau de pratique et dépoussiérer nos habitudes.»

Au-delà de l’enjeu sportif

Oran, la ville étoile qui sera l’attraction de ces joutes, Iles connaît bien puisque c’est là-bas qu’il est né un 14 mai 1975. Le triple champion d’Afrique sur 50 m nage libre, 50m papillon et 4×100 nage libre estime qu’il y aura « des enjeux plus importants » qui dépassent l’aspect purement sportif lors de la dizaine oranaise. Un meeting auquel 26 pays différents prendront part avec un total de 5000 athlètes en plus de 7000 autres personnes qui seront accrédités.

Le natif d’El-Bahia n’a pas manqué de rappeler qu’ « Oran va être la capitale méditerranéenne pendant une quinzaine de jours et si on ne profite pas en montrant notre culture, nos traditions et notre patrimoine, les gens vont venir une seule fois et ne plus jamais revenir.» En effet, le « Petit Paris », comme certains aiment surnommer la ville phare de l’Ouest algérien, a le potentiel pour ensorceler les visiteurs avec sa Corniche et certains lieux fascinant comme la vue imprenable depuis Santa Cruz et d’autres sites.

Plus de 600 millions d’euros pour mettre El-Bahia sur son 31

Par ailleurs, pour pouvoir être fin près sur le plan infrastructurel, il faut savoir que l’Etat algérien a sorti un chèque à 9 chiffres. 600 millions d’euros ont été investit pour pouvoir construire et retaper les lieux où se dérouleront les compétitions. On pense certainement au village olympique et au grand stade d’Oran qui ont coûté une fortune à eux deux.

Iles indique que « la préparation des JM s’articule sur les deux aspects infrastructurel et organisationnel.» Si la COVID-19 a pu rallonger le laps de temps pour les chantiers, « il y a obligation de livrer tous les équipements sportifs concernés avant juin 2021, comme exigé par le propriétaire des jeux, à savoir, le comité international des JM », rappelle celui qui a fait le doublé 50m et 100m nage libre lors deux éditions de JM en 2001 à Tunis (Tunisie) et en 2005 à Almería (Espagne).

On comprendra donc que le COJEM n’a pas le contrôle sur tous les paramètres de manière directe : « En tant que COJM, on a un droit de regard sur l’évolution des travaux au niveau des infrastructures sportives, mais on n’est pas responsables de leur réalisation. Je peux dire que les choses évoluent très bien dans ce registre. Il y a aussi le village olympique d’une capacité d’accueil de 4.500 lits, et pas moins de huit autres équipements qui font l’objet d’une vaste opération de rénovation », précise-t-il.

L’impact de la pandémie sur le niveau sportif

Si Ilès veut des J-MED qui en jettent, il sait aussi que le niveau des athlètes reste important pour avoir une compétition de niveau avec, bien évidemment, d’éventuels records qui risquent de tomber. Inévitablement, nos représentants devront répondre aux attentes. Après, avec tous les dérèglements de la préparation avec des cycles grandement perturbés par le Coronavirus, il va falloir réajuster la jauge athlétique.

Pour cela, le seul nageur Dz à avoir pris part à deux finales olympiques (50 et 100m) à Athènes (Grèce), en 2004 a espéré que « l’Etat algérien mettra le paquet avec l’aide du Comité Olympique pour pouvoir préparer nos équipes nationales de la meilleure manière possible.»  Un souhait qui restera, tout de même, tributaire de l’évolution des situations sanitaires et économiques dans les mois à venir.

Une menace de retrait des JM plane toujours !

Le Comité international des Jeux Méditerranéens (CIJM), pourtant présidé par l’Algérien Amar Addadi, ne cesse de montrer son inquiétude face aux retards des travaux à Oran. En effet, le Français Bernard Amsalem (natif de Saïda !), président de la Commission de coordination Oran-2021, a saisi ces derniers jours le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, pour lui exprimer de manière claire et directe le risque de délocalisation des Jeux Méditerranéens d’Oran 2021. Très inquiet du rythme des travaux, le dirigeant français a expliqué sur un ton ferme qu’au rythme où vont les choses, l’Algérie risquait réellement de perdre l’organisation de ces Jeux. La missive a mis le ministre algérien dans tous ses états et ce dernier tenterait sans succès de débloquer les budgets bloqués pour finaliser les travaux. Il se murmure même qu’en interne plusieurs parties travaillent déjà en coulisses pour « revendre » ces Jeux aux pays voisins comme le Maroc ou la Tunisie ! Les prochains mois s’annoncent périlleux pour Salim Ilès et son équipe.

>> Long entretien de Salim Ilès sur les JM 2022 :

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