Après l’immense déception de l’élimination en seizième de finale de la Coupe du Monde 2026, le sélectionneur de l’Algérie, Vladimir Petkovic, a défendu ses choix stratégiques, notamment celui d’avoir débuté sans véritable numéro 9.
Le réalisme helvétique
Malgré une entame intéressante, les Fennecs ont cruellement payé leur manque d’efficacité dans les zones de vérité. Le sélectionneur regrette ce manque de tranchant : « Je pense que la différence s’est faite sur les deuxièmes ballons. Nous avons bien joué en première mi-temps et nous avons eu beaucoup d’occasions. Malheureusement, nous encaissons ce premier but après 12 minutes. Je doit dire bravo et féliciter la Suisse, ils ont montré qu’ils formaient une bonne équipe et ont bien joué. Nous avons eu un peu de retenue au début et au retour de la pause. En seconde période, après le but du 2-0, c’est devenu un tout autre match. »
Un apprentissage douloureux
Loin d’accabler sa seule charnière centrale, Petkovic met en avant les défaillances du bloc : « Ce n’est pas tant la ligne défensive ou un secteur en particulier qui est en cause, mais c’est notre comportement défensif collectif que nous avons payé cher. À la moindre erreur, nous avons encaissé un but. Aujourd’hui, jusqu’au deuxième but, l’adversaire a eu trois occasions et a marqué deux fois, alors que nous en avons eu un peu plus. Malheureusement, c’est comme ça. Nous étions solides défensivement et nous n’avions pas encaissé beaucoup de buts avant la Coupe du monde, mais ici, le niveau est autre. Le niveau est très élevé et il faut mieux s’organiser ou s’adapter à ce standard. »
Le verre à moitié plein
Si la frustration est légitime, le patron technique des Verts refuse de tout jeter. Il rappelle le chemin parcouru depuis son arrivée et invite le public ainsi que les observateurs à apprécier la qualification historique pour le second tour à sa juste valeur : « Revenir dans une telle compétition après 12 ans d’absence est déjà un grand succès. Passer la phase de groupes pour la deuxième fois de l’histoire du pays est un excellent résultat. Nous voulions faire plus, mais de manière réaliste, nous n’étions pas en mesure de faire mieux aujourd’hui et nous devons nous en contenter. Il faudra apprendre de nos faiblesses, mais nous avons eu énormément de moments positifs et de belles trames de jeu. Aujourd’hui, les 15 premières minutes étaient de très haut niveau international. Malheureusement, nous n’avons pas marqué et nous avons subi, mais nous devons retenir le positif, voir le verre à moitié plein. Il faut laisser un peu de temps passer pour que chaque chose arrive au bon moment, au bon niveau, puis se remettre au travail pour s’améliorer encore et être plus compétitifs. »
L’attaquant de pointe
Pointé du doigt pour son animation offensive, Petkovic a justifié l’absence d’un avant-centre de métier au coup d’envoi par des contraintes d’effectif : « Je ne pense pas que nous soyons mal entrés dans le match ou que nous ayons manqué d’occasions. Aujourd’hui, je n’avais qu’un seul véritable attaquant de pointe à disposition [dans le groupe] et j’ai cherché à le préserver pour pouvoir réagir en cours de partie. Mais je pense que nous avons fait une excellente première mi-temps, le problème ne vient pas de là. »
Le fossé entre les joutes amicales et Mondial
Face aux critiques pointant une baisse de régime par rapport aux mois précédents, le sélectionneur a tenu à se défendre : « C’est une autre compétition, d’un tout autre calibre, et nous avons affronté des équipes de très haut niveau dans un tournoi majeur comme la Coupe du monde. Les matchs précédents étaient des rencontres amicales. Même s’ils ont été bien négociés, cela change tout le contexte. Mais je ne suis pas d’accord pour dire que nous n’avons pas bien fait, car pour moi, nous avons obtenu de bons résultats et les objectifs dont nous rêvions il y a deux ans ont été atteints. »
Accepter la supériorité suisse
Fier de la débauche d’énergie de ses hommes, le technicien demande d’accepter sportivement la hiérarchie du moment : « Je suis d’accord sur le fait que nous n’avons pas obtenu le résultat dont certains rêvaient depuis 12 ans. Mais nous avons tout de même réalisé un bon parcours et je suis très content. J’ai félicité mon équipe et mes joueurs pour ce qu’ils ont accompli. La Suisse a des arguments de plus que nous en ce moment. Il faut l’accepter, nous nous sommes battus pendant une heure, nous avons tout essayé, mais malheureusement nous n’avons pas pu faire plus. C’était un adversaire de grande qualité, à un niveau supérieur, et ils ont prouvé qu’ils étaient plus forts que nous actuellement. »
En conclusion, Petkovic est revenu sur son face-à-face sur les bancs avec Murat Yakin : « Je connais très bien Murat Yakin. Il essaie toujours de positionner ses joueurs pour nous mettre en difficulté. Nous avons très bien géré cela par séquences. Quant à l’ajustement qu’il a fait au milieu de terrain après notre domination, je ne l’ai pas perçu comme un tournant majeur. Nous dominions très bien et nous étions proches d’accrocher la Suisse. Mais l’expérience et la qualité que possède la Suisse, nous ne les avons pas pour le moment. La Suisse dispute une grande compétition internationale tous les ans ou tous les deux ans avec la Ligue des Nations. De notre côté, nous avons dû attendre 12 ans pour retrouver la Coupe du monde. »



