À l’approche du seizième de finale très attendu de la Coupe du Monde 2026 entre l’Algérie et la Suisse, les regards se tournent vers le duel tactique qui attend Vladimir Petkovic. Pour décrypter la personnalité et la méthode du sélectionneur des Fennecs, la FIFA a donné la parole à son ancien adjoint chez la Nati, Vincent Cavin, aujourd’hui directeur technique au sein du Chicago Fire FC.
Derrière le charisme,
L’image publique du sélectionneur national cache souvent une réalité humaine bien plus riche. Son ancien bras droit insiste sur la rigueur du technicien et sur la nécessité pour ses joueurs de gagner sa confiance sur la durée : « Vladimir est un entraîneur très exigeant. L’image qu’il renvoie est celle d’une personne charismatique, mais pas forcément très accessible. En réalité, ce n’est pas le cas. Il faut simplement apprendre à le connaître. Pour entrer dans son cercle de confiance, il faut faire ses preuves. »
L’obsession du beau jeu
Lors de son passage mémorable à la tête de la Nati, Petkovic a profondément bousculé les habitudes en plaçant le plaisir du spectateur au centre de son projet : « Il a apporté quelque chose de complètement nouveau. Il voulait que son équipe soit reconnue pour la manière dont elle jouait, pas uniquement pour ses résultats. Il ne recherchait pas seulement la victoire : il voulait que les gens apprécient le football proposé par son équipe. »
Cette nouvelle identité de jeu n’aurait pu s’imposer sans des résultats rapides. Selon Vincent Cavin, les performances actuelles de la Suisse sont le prolongement direct du travail accompli sous Petkovic : « Nous avons eu la chance d’obtenir rapidement des résultats qui nous ont permis de poursuivre dans cette direction. Aujourd’hui, ce que l’on voit sur le terrain est le résultat de cette vision qu’il a installée il y a plusieurs années. »
Le refus de la lumière
La complicité entre le sélectionneur et ses cadres reste l’une des clés de sa réussite managériale. Évoquant le parcours à l’Euro, l’ancien adjoint se remémore un geste fort : « Je me souviens notamment de la victoire contre la France à l’EURO : tous les joueurs partaient célébrer d’un côté, mais Granit Xhaka s’est arrêté, s’est retourné et a couru directement vers le sélectionneur. Cette image résume parfaitement le lien qu’ils avaient construit. Les joueurs apprécient aussi le fait qu’il ne cherche jamais à prendre toute la lumière. Il laisse la place aux joueurs. C’est chose qu’ils respectent beaucoup. »
Le concept du « chaos organisé »
Sur le plan purement footballistique, le coach des Verts prône un équilibre entre rigueur défensive et créativité offensive. Une formule qui laisse une immense part d’interprétation et d’autonomie à ses joueurs sur le terrain : « Vladimir parlait souvent de ‘chaos organisé’ en attaque. J’aimais beaucoup cette expression. Il y avait une structure collective, mais ensuite une grande liberté laissée aux joueurs pour trouver eux-mêmes les solutions. »
Une même identité retrouvée chez les Fennecs
En observant les premières sorties de l’Algérie dans cette Coupe du Monde, le technicien suisse y décèle immédiatement la patte de Petkovic : « Je n’ai malheureusement pas pu voir suffisamment de matches de l’Algérie pour faire une analyse approfondie mais, sur ce que j’ai vu, j’ai retrouvé cette même volonté d’avoir le ballon, de dominer les rencontres et de maîtriser ce qui se passe sur le terrain. Cela m’a semblé rester dans la continuité de ce qu’il avait mis en place avec la Suisse. »

