À l’approche du choc fatidique des seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026, la tension monte d’un cran au sein de la sélection suisse. Présent en conférence de presse aux côtés de son sélectionneur, l’attaquant vedette de la Nati, Breel Embolo, a livré son regard sur cette confrontation capitale face à l’Algérie.
Les retrouvailles amicales au service d’un plan rigoureux
Le fait de croiser la route d’un sélectionneur qui connaît parfaitement les moindres secrets de l’effectif suisse ne déstabilise en rien l’avant-centre de la Nati : « C’est vrai que leur entraîneur me connaît bien. Pas seulement moi, il connaît aussi les autres. C’est toujours différent, ça va des deux côtés. Mais moi personnellement, je ne souhaite rien changer. Nous allons nous préparer comme d’habitude. Nous allons regarder la qualité de cette équipe, mais aussi ses défauts, comme pour chaque équipe. Après, en groupe, on va établir un plan et on va essayer de l’atteindre à 100%. On l’a déjà vécu : quand on affiche nos forces, on peut leur faire mal. Après le match, on ira saluer l’entraîneur, et j’espère après une victoire de la Suisse. »
Remporter les duels face aux techniciens algériens
Cette affiche aura également une saveur particulière pour Embolo, qui retrouvera sur la pelouse ses anciens coéquipiers Ramy Bensebaïni au Borussia Mönchengladbach et Nabil Bentaleb au Schalke 04. Tout en saluant leur génie instinctif, l’international suisse veut neutraliser l’animation offensive des Verts : « Mes relations avec eux sont très, très bonnes. Ce sont des joueurs talentueux. Le plus important pour nous sera simplement de leur enlever le plaisir de jouer au football. Ce sont des joueurs très des joueurs instinctifs, mais avec des qualités de classe mondiale. À l’image de toute leur équipe d’ailleurs. Je pense que le plus important reste le jeu. Il y a des vertus que tu dois toujours apporter : essayer d’être meilleur que ton adversaire direct et gagner les duels. Mais après, il est aussi crucial d’est très fort collectivement contre le ballon face à cette équipe. S’ils prennent du plaisir à jouer… comme le coach l’a déjà montré à la vidéo, ce sont des techniciens, et ils font ça vraiment bien. Si on les laisse jouer, cela deviendra très, très difficile pour nous. Notre objectif sera bien sûr d’être forts avec le ballon, car c’est aussi notre plus grande force, et d’être efficaces. Quand on regarde les derniers matchs, hormis la France qui a gagné 3-0, les écarts ne sont pas grands. C’est un aspect qui peut jouer mentalement, notamment si on parvient à ouvrir le score et à emmener nos supporters avec nous. »
Embolo se montre particulièrement élogieux envers la sélection algérienne, dont il souligne aussi bien la qualité individuelle que la force émotionnelle qui anime ses joueurs : « C’est une équipe très talentueuse. Il n’y a pas si longtemps, ils étaient champions d’Afrique. Ils ont de nouvelles générations qui jouent bien en Allemagne et en France. C’est une équipe techniquement très forte, chaque joueur peut décider du match en quelques secondes. Nous nous réjouissons de ce match, nous avons beaucoup de respect pour cette équipe. Mais nous savons aussi qu’avec nos forces, nous pouvons leur rendre la tâche difficile. C’est notre objectif demain. Et ensuite, essayer de marquer, parce que c’est une équipe qui vit intensément ses émotions, sur le terrain et en dehors. C’est très important d’être prêt mentalement. »
Deux coachs, deux styles
Invité par les journalistes à dresser une comparaison entre la méthode Petkovic et la gestion actuelle de Murat Yakin, Embolo a préféré esquiver le piège avec une pointe d’humour : « Je crois que la plus grande différence, c’est qu’ils ont un look différent ! C’est ma plus grande différence. Les deux veulent gagner, les deux veulent écrire l’histoire. Petkovic a placé la barre très haut avec nous, et nous voulons bien sûr la franchir dans ce tournoi. Maintenant, nous sommes sur un bon chemin avec le nouvel entraîneur. Je pense que c’est toujours difficile pour un joueur de comparer des entraîneurs. Mais ce qu’ils ont en commun, c’est cette volonté d’écrire l’histoire. »
Un œil sur le parcours des Fennecs en poules
Embolo a livré une analyse de la phase de groupes de l’Algérie. Relativisant le lourd revers concédé face à l’Argentine, il retient surtout la force de frappe démontrée par l’arrière-garde et l’attaque des Verts face au bloc autrichien : « C’était un peu difficile pour eux, leur premier match était contre l’Argentine, et pour moi, le meilleur joueur du monde [Messi] a décidé de la rencontre. On ne peut pas effacer ces trois buts. En revanche, je trouve que lors de leur dernier match contre l’Autriche, hormis peut-être le premier but encaissé, leur défense a tenu face à une équipe qui joue de manière très offensive en Europe. Et surtout, ils ont marqué trois buts. C’est toujours un risque, mais nous savons que nous pouvons leur faire mal dans toutes les phases de jeu, tout comme ils peuvent nous faire mal. C’est un match à parts égales (50-50). »

