À l’USM Alger, les trophées ne suffisent plus à masquer les fissures. Ni la Coupe d’Algérie, ni la Coupe de la Confédération n’ont réussi à rétablir un semblant de sérénité dans une maison rouge et noire qui continue de se consumer de l’intérieur. Derrière les célébrations et les discours de façade, le climat reste lourd, traversé par des rivalités de pouvoir qui éclatent désormais au grand jour.
Sur les ondes de Radio Alger Chaîne 3, Said Allik a choisi de vider son sac. Sans détour, le directeur sportif usmiste a exposé des relations devenues exécrables avec le président du conseil d’administration, Bilal Nouioua. À 78 ans, l’emblématique dirigeant n’a ni esquivé les questions ni tempéré ses propos, dressant le portrait d’un club scindé en deux centres de commandement incapables de cohabiter.
Sous couvert d’une immixtion répétée dans ses prérogatives, Said Allik a révélé l’existence d’une véritable guerre interne autour du pouvoir décisionnel. Une lutte d’influence permanente qui mine le fonctionnement du club et fragilise un peu plus son équilibre institutionnel.
Le cas Lamine N’Diaye illustre parfaitement cette fracture. Selon Allik, alors que le technicien sénégalais s’apprêtait à embarquer pour Alger afin de finaliser son arrivée, Bilal Nouioua aurait entrepris de contacter d’autres entraîneurs en parallèle. Une manœuvre interprétée comme une tentative de sabotage interne, symbole d’une direction qui avance en ordre dispersé.
L’ancien patron historique de l’USM Alger a également évoqué le dossier Tayeb Meziani, dont la signature aurait finalement capoté à cause du refus du PCA. Des exemples qui, mis bout à bout, donnent à cette sortie médiatique des allures de règlement de comptes public.
Cette interview accordée à Maamar Djabour confirme surtout que les tensions entre le directeur sportif et le président du conseil d’administration restent entières. Elles rappellent d’ailleurs étrangement les épisodes de cohabitation conflictuelle vécus à la JS Kabylie entre El Hadi Ould Ali et Hakim Medane, où deux pôles d’autorité se disputaient en permanence le contrôle du club.
Le passage le plus révélateur reste sans doute cet appel lancé presque en direct au PDG de Serport. Said Allik y réclame explicitement le pouvoir de signature, comme s’il cherchait à s’émanciper définitivement de la tutelle du PCA. Une requête lourde de sens, qui traduit l’ampleur de la fracture au sommet de l’USMA.
À l’approche de l’intersaison, le club algérois apparaît donc loin de l’apaisement. Et si les titres ont permis de garnir l’armoire à trophées, ils n’ont manifestement pas empêché la guerre des clans de s’installer durablement dans les coulisses. L’été, lui, ne fait sans doute que commencer.
