En août 2022, Abderrahim Deghmoum a vu Al Masry FC (Égypte) lever sa modeste clause libératoire estimée à 250 000 dollars pour le faire signer en provenance de l’ES Sétif. Quatre ans plus tard, alors que le milieu offensif de 27 ans n’a pas réellement passé de cap, l’USM Alger propose 1.5 million de dollars pour le rapatrier. Un énième achat compulsif de la part des clubs algériens dopés par les entreprises étatiques. Qui plus est en monnaie étrangère dans une passe où le pays essaie de préserver ses réserves de changes. On est face à un précédent inquiétant. Après les salaires qui scandalisent, place désormais aux indemnités excessives en devises.
Tous les relais sont actifs pour pousser à la surenchère. Comme beaucoup de joueurs qui ont quitté l’Algérie pour exercer ailleurs (parfois c’est même juste à côté au Maroc ou en Tunisie) avant de revenir bredouilles, Deghmoum est sur le point de retrouver le pays. Bien évidemment, ça sera avec une valeur marchande décuplée ainsi que la possibilité de toucher un salaire très conséquent qui devrait dépasser les 10 millions de dinars. C’est l’inflation foot.
Un montant injustifiable sportivement
Comme si cela ne suffisait pas, ses représentants se permettent de “bluffer” dans les médias. En effet, on peut lire qu’un club du championnat de Libye compte mettre 2 millions d’euros sur la table pour le détourner des Usmistes. Une totale aberration. D’autant plus qu’on parle d’un joueur qui n’est même pas international algérien A. D’ailleurs, il y a lieu de relever qu’il n’a pas pu s’imposer concrètement chez les A’ de Madjid Bougherra se contentant de faire 6 apparitions uniquement.
Les sommes qui circulent dépassent clairement l’entendement. Surtout que le natif de Sétif aura bientôt 28 ans. En termes de statistiques, il ne compte que 13 buts et 14 passes décisives en 113 matchs avec les Égyptiens pour… 35 cartons jaunes. Il a plus d’avertissements que de contributions (27). Rien de bien fou ou qui justifie cette mise mirobolante. Le parallèle et le paradoxe veut qu’un joueur comme Zineddine Belaïd, qui est Mondialiste, a été cédé pour 1.2 million d’euros par la JS Kabylie à Al Taawoun (Arabie saoudite). La dépression face à l’inflation.
Quand le rapatriement coûte plus cher que l’export…
Les opérations réalisées par les directions des équipes algériennes n’ont pas de logique économico-sportive et présentent des anomalies relevables. Avec plus d’un million d’euros, l’USMA pouvait financer la construction d’un centre de formation ou finaliser les travaux de son camp d’entraînement qui tarde à voir le jour du côté d’Aïn Benian. Aussi, un chèque pareil (en devise vers un club étranger !) devrait servir à consacrer un vrai budget pour les catégories jeunes ou même lancer une section féminine pour pouvoir disputer les compétitions africaines interclubs.
Clairement, cet investissement dans un footballeur qui n’a rien d’un crack reste conséquent, très risqués et sans gage de réussite sportive ni de revente vers l’étranger plus tard. Les données du marché des transferts démontrent aussi que rapatrier un joueur revient plus cher que de l’exporter. La balance est négative. Elle illustre la faillite d’une politique sportive où les responsables dépensent sans compter. Après tout, ils ne mettent pas la main à leur poche. Ils se contentent juste de flamber avec un argent qui n’est pas le leur.
