Le débat sur les joueurs binationaux a toujours suscité des réactions auprès des supporters d’El Khadra et de la presse nationale. Cependant, jamais un cas n’a présenté exception comme celui de Yacine Adli. Décryptage d’une phrase qui aura marqué son passé et entaché son avenir avec l’Algérie.
Nous sommes en 2024. Yacine Adli est joueur du Milan AC. Il se présente devant la presse italienne. Une question presque anodine, presque routinière pour un binational, lui est alors posée sur son choix de sélection : entre l’Algérie, pays de ses parents, et la France, pays qui l’a formé et vu grandir, quel serait son choix ?
Celui qui était habitué à botter en touche sur le sujet depuis l’époque des Girondins de Bordeaux lâche une phrase franche et directe :
« Je veux jouer au haut niveau (…) je veux l’équipe de France ». Une déclaration lancée face aux journalistes, sans détour, avec un visage qui laisse peu de place au doute sur sa conviction.
Pourtant, cette phrase fait immédiatement réagir. Dans un premier temps, elle blesse une partie des supporters algériens, qui la jugent déplacée, voire irrespectueuse. Elle donne surtout l’impression de considérer l’Algérie comme une équipe de second plan. D’autant plus que ces propos sont tenus devant la presse mondiale, qui relaye rapidement l’information. Adli est ensuite pris pour cible sur les réseaux sociaux. Il comprend qu’il a été maladroit et a une occasion de clarifier sa position. Il la saisit lors d’une interview avec Zack Nani, le très suivi YouTubeur français.
Il confirme son choix
Face à Zack Nani, Yacine Adli confirme son choix de jouer pour la France. Il explique également ne pas vouloir prendre la place d’un autre joueur : « Je ne veux pas prendre la place d’un autre joueur qui a fait des heures de vol, qui a fait des déplacements au Niger et qui a sué pour avoir sa place. » Il ajoute : « J’assume avoir fermé la porte de l’Algérie », tout en affirmant respecter les Verts. Sur le moment, Adli ne revient pas sur sa phrase concernant le “haut niveau”, mais son discours est clair. Son choix pour la France est assumé, et le sujet semble clos.
Depuis, aucun média algérien n’a rouvert le dossier Adli. Du moins jusqu’à hier, vendredi 1er mai.
Le rétropédalage, un manque de respect total
Jamais un joueur binational n’aura autant suscité de réactions autour de la notion de respect envers l’Algérie et son maillot. Quand il était au Milan AC, Adli évoquait le haut niveau. Mais aujourd’hui, le voilà au Shabab, club installé dans la deuxième partie du classement de la Saudi Pro League, tout en rouvrant le dossier de la sélection algérienne.
Car au fond, il sait que ni l’équipe de France ni l’Algérie ne lui sont réellement accessibles. Après sa phrase sur le haut niveau, il en remet une couche, différemment : selon sa logique, évoluer dans un club classé 12e de Saudi League lui ouvrirait malgré tout les portes de la sélection nationale. A-t-il oublié que l’Algérie dispose de l’un des milieux les plus fournis du continent africain ? Meme Victor Lekhal, qui a sorti une Coupe arabe XXL n’a pas été rappelé avec l’Algérie, pourtant son club se trouve à 3 longueurs de celui d’Adli.
