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CAN 2021 : Un nécessaire retour d’expérience

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Qu’il ait atteint ses objectifs ou pas, tout projet a besoin d’une analyse a postériori. Dans le monde de l’entreprise, il s’appelle « Retex » ou « Post-Mortem ».  Ce nécessaire retour d’expérience fait partie intégrante de la mésaventure des Verts à la CAN 2021. Comprendre ce qui n’a pas fonctionné permet de progresser. L’Algérie a raté sa CAN. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Tout d’abord mettons de côté tous les aspects externes. La météo, les terrains, les infrastructures sont difficilement maitrisables. Ainsi, malgré toutes les bonnes volontés il est presque impossible de faire mieux que de constater. S’adapter à ces conditions est possible mais sans certitudes. De plus l’adversaire subit les mêmes conditions. Il faut faire avec. Ensuite il ne s’agit pas de pointer telle ou telle défaillance individuelle. Nul doute que Djamel Belmadi l’a fait ou le fera en interne.

Préparation tronquée et menace COVID

Dans un Retex, il faut aussi pointer ce qui a fonctionné. Et les 28  joueurs appelés par le sélectionneur ne souffrent d’aucune contestation. Cette 17ème liste de Belmadi concoctée pour défendre le titre gagné en Égypte est sans doute la meilleure qui soit. Benayada, Chetti, Tougaï, Bendebka et Brahimi, absents en Novembre 2021, ont été intégré à la faveur des performances réalisées lors de l’Arab Cup au Qatar. Abdellaoui et Touba n’ont quant à eux pas été sélectionnés. Si pour le défenseur d’Al-Ettifaq la raison est sportive, la non-sélection du défenseur central du RKC Waalwijk pouvait surprendre. Cependant, Touba n’a joué que 2 bouts de matchs sous l’ère Belmadi. Trop peu pour considérer son absence comme une anomalie.

Le sélectionneur a choisi le Qatar pour la préparation. Ce choix avait souri en 2019 et l’idée était de se préparer dans de bonnes conditions. L’Algérie devait y disputer deux matchs amicaux face à la Gambie puis face au Ghana. Seule cette dernière opposition a eu lieu le 5 Janvier faute à la COVID-19. Face aux Black Stars du Ghana, Ounas ouvre le score rapidement (8’) permettant aux Verts de jouer sans pression. Le résultat (3-0) en trompe l’œil donne des certitudes. Le 4-2-3-1, peu de fois utilisé, a fait le job. Mais l’annulation du match face à la Gambie, la COVID et l’arrivée tardive des joueurs « européens » ont clairement été négatifs pour les Verts. Si bien qu’il a fallu attendre les retardataires et les covidés pour rallier Douala. Mais ne valait-il pas mieux voyager à la date prévue (le 6/01) pour permettre aux présents (majoritaires) de s’acclimater ?

Plans de jeu et nervosité

Sans Bennacer suspendu, ni Zerrouki blessé, Belmadi a choisi la paire Feghouli-Belkebla dans un milieu à 2. Le plan de jeu est clair, étouffer l‘adversaire et rapidement marquer pour bien rentrer dans la compétition. L’utilisation du 4-2-3-1 avec Brahimi derrière l’attaquant devait permettre de transpercer le bloc bas de la Sierra Leone. C’était sans compter sur un gardien des grands jours et sur la faillite physique de Feghouli qui ne revenait pas assez, tout comme les autres offensifs, livrant ainsi Belkebla à lui-même. L’inefficacité des Verts n’est pas imputable aux seuls entrants, car les remplaçants n’ont pu faire mieux. D’ailleurs comment marquer face à un bloc bas, regroupé qui refuse le jeu ? C’est l’autre enseignement de cette CAN. Les Champions d’Afrique n’ont pas brillé sur les coups de pieds arrêtés et malgré pléthores d’offensifs, peu étaient présents dans la surface de réparation.

Nerveux, les Algériens ont manqué de sérénité face à la Guinée Équatoriale. Bounedjah prend un carton jaune dès la 4ème minute et Bensebaini dès la 8ème. Le retour de Bennacer associé à Bendebka devait rétablir un équilibre au milieu et aussi mieux initier les attaques algériennes. Mais Mahrez et ses camarades auraient pu jouer encore des heures sans marquer. Privé d’Ounas (Covid), les offensifs manquaient visiblement de fraicheur. Les changements des défenseurs centraux (Bedrane face à la Sierra Leone et Benlamri face à la Guinée Équatoriale) réduisaient les possibilités mais Belmadi n’a pas changé de stratégie, ni de plan de jeu. Il n’a pas innové et probablement manqué de lucidité. Si bien qu’à la question de savoir pourquoi le jeune Amoura n’a pas été essayé, la réponse montre là encore de la nervosité dans le groupe qui rentrait pourtant sur Alger.

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

Une CAN à 24 permet de réduire les surprises. De plus, le poids du record d’invincibilité étant parti, les joueurs pouvaient se liberer. Si bien que face à la Côte d’Ivoire, déjà qualifiée, l’Algérie n’avait besoin « que » d’une petite victoire pour se qualifier en 8ème. Piqué au vif, le XI aligné est presque parti à l’abordage dès l’entame de la rencontre. Le 4-2-3-1 avec Belaïli à la baguette, devait permettre de jouer haut. Sauf que face à « un gros » d’Afrique, ce déséquilibre vers l’avant se paie cash. Les vieux briscards Seri et Gradel ont pilonné l’arrière-garde algérienne et l’intelligence de Kessié et la forme éblouissante de Pépé ont fait le reste. Qu’est-ce qui a poussé Belmadi à faire ce XI résolument offensif face à un adversaire qui avait fait mieux que résister en 2019 ? C’est sûr que si Mahrez avait marqué son penalty avant l’heure de jeu, la partie aurait été sans doute plus difficile pour les Éléphants, quoique. L’envie de piétiner la bête blessée était tellement forte qu’il est difficile de croire que les Verts aurait pu gagner un tel match sans une assise plus solide. Mais quand tout va mal il faut savoir se révolter, se remobiliser. La réaction des joueurs sur le terrain n’a pas été bonne. Mahrez, le capitaine, n’a pas su haranguer ses camarades, pas par l’exemple. Sauf à considérer que le but de Bendebka sur une passe décisive peu académique de Mandi est le signe que ce groupe en est capable. L’avenir proche nous le dira.

Comprendre l’échec, se ressaisir et tourner la page

Le bilan comptable est négatif et la « fuite » des joueurs sans le staff le soir même de la rencontre laisse penser que le groupe est au plus bas mentalement. Ne valait-il pas mieux rester ensemble un jour ou deux pour crever les abcès ? Belmadi, pourtant si intelligent, a mal géré cette fin de CAN en avouant l’échec de ne pas avoir pu retenir ses joueurs. Il semble sonné, excédé. Nul doute que le “ministre du bonheur” saura se relever et remobiliser ses troupes. Les supporters des Verts et plus globalement le peuple algérien comptent énormément sur lui.

Au final, la faillite de Douala, est le résultat de plusieurs événements défavorables. Du manque de chance au coaching prévisible, en passant par la méforme de nombreux joueurs, les Verts n’ont pas su résoudre les équations de cette CAN. Le nul face à la Sierra Leone a été vue comme une défaite. La lucidité a manqué à tous. L’échec est là, il doit être compris sereinement, sans complaisance. Il faut savoir perdre et tourner la page. Sans ce nécessaire retour d’expérience, le groupe ne se relèvera pas. Tous les signaux sont au rouge et les matchs face au Cameroun arrivent vite. Belmadi a une partie des clés.

>> L’analyse de la CAN 2021 dans “C’est vous l’Expert”:

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