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FOCUS FENNEC : Youcef Atal, fin du débat à droite ?

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youcef atal ombre nice

Auteur d’une entrée ultra décisive ce week-end, Youcef Atal a permis à l’OGC Nice de remporter un match dans lequel il était très mal embarqué (0-2 puis finalement 3-2). Avec un but marqué, un pénalty obtenu et une avant-dernière passe délivrée, l’international algérien a semé la zizanie au sein d’une défense lyonnaise qui réussissait, jusque-là, sa rencontre. Après plusieurs mois à osciller entre blessures et matchs inaboutis, cette entrée en jeu nourrit d’immenses espoirs quant au cas de l’ancien du Paradou. De là à clore le débat sur le poste de latéral droit en sélection nationale ? Décryptage.

En l’espace de quelques instants, il a illuminé la partie bien terne d’un OGC Nice complètement surclassé par l’Olympique Lyonnais durant plus de 70 minutes. Youcef Atal, remplaçant au coup d’envoi, a été l’homme providentiel d’une rencontre qui aura vu cinq buts inscrits et surtout du spectacle sous le soleil azuréen. Entré à la 67ème minute, c’est du terrain que l’Algérien verra l’adversaire du jour doubler la mise après une combinaison Caqueret-Paqueta-Aouar pleine de maitrise technique (0-2). Timide durant les premières minutes après son incorporation, le deuxième but lyonnais ne l’empêchera néanmoins pas de se libérer offensivement au fil des minutes.

Lancé à la limite du hors-jeu par Thuram, le Fennec éliminait très, voire trop facilement, Jérome Boateng, avant de catapulter le ballon dans les buts d’un Anthony Lopes totalement impuissant (1-2 ; 81′). Un but ne faisant que faciliter la suite des évènements avec un pénalty obtenu et une implication sur le but de la victoire. Groggy ces derniers mois suite à de nombreuses blessures à répétition, le latéral droit nous a rappelé, l’espace d’un instant, à quel point il peut être redoutable dans ses prises de balle et en un-contre-un. Au sortir de cette prestation, l’on se demande quoi en penser : a-t-on retrouvé le Youcef Atal des grands jours ou ne serait-ce là qu’un énième faux espoir ?

Galtier compte sur lui

Titulaire dès l’entame du championnat cette saison avec le nouvel entraineur tout juste champion de France, c’est un Youcef Atal moins flamboyant mais plus appliqué tactiquement que l’on a retrouvé sur le terrain. “Au début, je jouais tout à fond. Dès que j’avais la possibilité, j’y allais, mais à la fin, je n’avais plus de jambes et je n’arrivais pas à finir. Maintenant, mieux vaut 4 bonnes montées que 8 moyennes. C’est ce que j’ai compris” avait déclaré le latéral droit en début de saison. Tout était donc réuni pour revoir l’Algérien au premier plan après deux saisons décevantes, plombées par les blessures. Mais finalement, l’été ensoleillé a laissé place à un nouvel orage lors de la 3ème journée face à l’OM. Un blessure musculaire (oui, encore) dès la 6ème minute de jeu et l’ex-Belouizdadi repartait pour 3 semaines de convalescence. Dans le même temps, les observateurs s’interrogent. Du côté de l’environnement du club azuréen comme de celui de l’EN, les doutes ne font que grandir. Et si Atal n’était finalement qu’un énième “What if”? Vous savez, ces joueurs avec un potentiel énorme mais qui n’ont jamais eu une carrière proportionnelle à leur talent.

D’autant que son retour à la compétition à la fin du mois de septembre n’était guère rassurant. Le Niçois enchaine en termes de temps de jeu mais n’est plus que l’ombre de celui que l’on a connu virevoltant, agile balle au pied. Des prestations qui pousseront Christophe Galtier à le mettre sur le banc face à l’OL. La suite on l’a connait, une entrée fracassante et l’ancien coach de l’ASSE en a profité pour se confier sur son poulain après la rencontre : “Youcef a dynamisé le dernier quart d’heure. Je vais vous faire une confidence, j’avais prévu de voir Youcef lundi. Nous nous verrons car on attend beaucoup de lui. Avant, quand j’affrontais Nice, on avait toujours un plan anti-Atal. Il faut qu’il se libère sur le plan mental de son passé de blessures. Il doit être plus sur ses points forts. Car, comme on l’a vu dimanche, il est une vraie valeur ajoutée” a-t-il avoué en conférence de presse. Preuve que le technicien français en pince pour le natif de Boghni. D’ailleurs, ce dernier peut également se targuer d’avoir un sélectionneur qui l’apprécie énormément.

Belmadi l’a toujours soutenu

Les mots étaient durs, mais l’intention était bonne. Lorsque Djamel Belmadi déclare en direct sur RMC que Youcef Atal “doit avoir tous les atouts de son côté pour pouvoir éviter de se blesser. Il y a des choses à faire et des dispositions à prendre quand on est professionnel” on sent déjà, à l’époque (novembre 2020, ndlr) un coach attristé par l’absence d’un de ses meilleurs éléments. Qualifié de joueur “en verre”, le Fennec a, depuis son arrivée à l’OGC Nice, raté 393 jours de compétition en club (source : Transfermarkt). En sélection, c’est la même donne. Absent d‘octobre 2019 à juin 2021, Atal a laissé orphelin un poste où l’on croyait avoir résolu un problème datant de plusieurs décennies. Derrière, ses “concurrents” n’ont pas prouvé au sélectionneur national qu’il pouvait prendre la place de celui qui est passé par la JS Kabylie. Tour à tour essayés, Mehdi Zeffane, Réda Halaimia ou Houcine Benayada sont vite relégués sur le banc de touche voire disparaissent de la liste lorsque le numéro 20 est apte à être convoqué. Autre exemple encore plus éloquent, le début de saison tonitruant (qui plus est régulier) du Clermontois Akim Zedadka qui ne semble pas faire frétiller l’ancien coach d’Al Duhail.

Le Clermontois a un style offensif se rapprochant de l’arrière droit azuréen, et Belmadi n’est pas intéressé par les doublons. “Je ne fais pas de test pour faire du test, pas de cadeau non plus. Il faut savoir saisir une opportunité. […] Je n’aime pas essayer juste pour le plaisir d’essayer alors que nous avons trop de joueurs à un poste” avait-il rappelé en conférence de presse (juin 2021, ndlr). D’ailleurs, le natif de Champigny-sur-Marne n’avait déjà pas pris Haithem Loucif à la CAN 2019 pour les mêmes raisons. Pour le coup, les absences répétées et l’irrégularité constante du champion d’Afrique auraient pu laisser place à de la nouveauté, surtout que le poste de latéral droit, on l’a dit plus haut, a toujours été sujet à questionnements depuis de nombreuses années. Si le débat sur le leadership du poste est ouvert chez de nombreux observateurs -avisés ou non- de la sélection, pour l’ex-milieu de terrain il n’y en a, sans doute, jamais eu. Et l’évènement de ce dimanche ne va que le conforter dans ses choix. Le joueur, de son côté, est conscient de la confiance que le coach national lui apporte : “Djamel veut mon bien. Je lui parle de tout, j’ai confiance en lui” avait-t-il confié. Il y avait comme un parfum de printemps 2019 en ce dimanche 24 octobre 2021 à l’Allianz Riviera lors de l’entrée d’Atal face à l’Olympique lyonnais. En espérant que son odeur ne s’estompe plus du tout et qu’il reste, aux yeux de ses entraineurs, une arme fAtale.

>> Galerie photos OGC Nice 3-2 Olympique Lyonnais :

Crédit : Adil Benayache / La Gazette du Fennec

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