Au terme d’un scénario complètement fou à l’Arrowhead Stadium, l’Autriche et l’Algérie ont validé leur qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 en se quittant sur un spectaculaire match nul (3-3). Face aux journalistes lors de la conférence de presse d’après-match, le sélectionneur autrichien Ralf Rangnick est apparu encore sous le choc de ce scénario rocambolesque.
La stupeur face à un épilogue totalement irréel
Le sélectionneur de l’Autriche ne s’est pas caché au moment d’évoquer les ultimes secondes de cette partie complètement folle : « Pour être tout à fait franc, je n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est passé durant ces 90 ou 120 dernières secondes. Je pense que si après 93 minutes de jeu, quelqu’un avait prédit ce dénouement, on l’aurait pris pour un fou complet. Cela fait maintenant près de 40 ans que je suis entraîneur, mais je ne me souviens pas avoir vécu un match au scénario aussi dramatique, et surtout aussi inattendu. »
Les intentions de l’Algérie en fin de match
Relancé sur l’action cruciale du temps additionnel où les Algériens ont poussé pour reprendre l’avantage, Ralf Rangnick s’est montré très hésitant. Selon lui, le déroulement de la seconde période n’annonçait en rien une telle prise de risque de la part des Verts : « Je ne sais pas s’ils le voulaient vraiment. Personne ne peut me faire croire qu’après la tournure prise par le match depuis la 75e minute, l’idée leur est soudainement venue à la 93e minute en se disant : « Tiens, on aimerait bien marquer un but maintenant. » Ça, personne ne peut me le faire croire. Si c’était le cas, cela concernait peut-être un ou deux joueurs maximum côté algérien, mais sûrement pas le reste de l’équipe. Pour moi, c’est tout à fait logique et compréhensible. Pourquoi l’auraient-ils fait après un match aussi extrême, plein de rebondissements ? Soyons honnêtes, la partie aurait pu se terminer sur un score de 6-6 si l’on ajoute les occasions franches des deux côtés. Je ne peux pas m’imaginer qu’une majorité de l’équipe algérienne préférait affronter l’Espagne plutôt que la Suisse. Pour nous, les calculs étaient simples : c’était la qualification ou la porte. Notre adversaire est désormais l’Espagne, et nous attendons ce match avec énormément d’impatience. »
Suisse-Algérie
Interrogé sur le futur seizième de finale qui attend les Fennecs face à la Nati, le tacticien a souligné les immenses vertus techniques de l’Algérie. Tout en pointant les largesses défensives de sa propre équipe, il anticipe une affiche passionnante : « L’Algérie possède d’excellentes individualités, des joueurs très doués techniquement. Ils ont joué exactement comme nous nous y attendions, en proposant beaucoup de solutions techniques, notamment dans la zone de vérité. Nous n’avons pas toujours bien défendu aujourd’hui. On leur a laissé trop de ballons dans les demi-espaces. C’est quelque chose que nous devrons impérativement corriger et mieux faire au prochain match(…) L’Algérie va donc affronter la Suisse, et ce sera à coup sûr un match excitant, tout particulièrement pour leur entraîneur qui va retrouver son ancienne équipe. Ce sera une rencontre très intéressante. »
Le spectre de 1982 balayé
Interrogé sur l’explosion de joie des joueurs algériens après le but de Riyad Mahrez, que certains ont associée à un possible esprit de revanche lié au Mondial 1982, Ralf Rangnick est resté inflexible : « Écoutez, quiconque a regardé attentivement les 15 dernières minutes de ce match conviendra que rien n’indiquait, absolument rien, qu’une majorité de leurs joueurs cherchait absolument à gagner 3-2. Je ne l’ai pas vu, et je pense que personne dans les tribunes ne l’a vu non plus. C’est d’ailleurs ce qui a rendu l’action d’autant plus surprenante et difficile à gérer pour nous. Finalement, ce but du 3-3 a été capital pour nous. Mais posez la question à vos propres joueurs, que voulez-vous qu’ils répondent ? Quand Mahrez marque un but, ils ne vont pas s’arrêter de sauter de joie, qu’auraient-ils dû faire d’autre ? Mais dire que le jeu laissait présager cela… c’est comme si vous me disiez qu’un orage violent allait éclater d’un coup sous un grand soleil. Rien ne l’indiquait à ce moment-là. »

