Avant de s’envoler vers les Etats-Unis pour y disputer la Coupe du Monde 2026 avec l’Algérie, Ramy Benbseaïni (31 ans) a honoré des engagements avec ses sponsors. En marge d’une promotion pour la marque de produits cosmétiques “Biotanys”, le défenseur des Fennecs a accordé une interview spontanée dans laquelle le football était bien évidemment évoqué. Ses débuts, ses rêves, son tempérament chaud, le Fennec dit tout. Notamment ce caractère explosif devenu un classique des montages vidéos sur la grinta algérienne.
Bensebaïni va enfin découvrir le privilège de disputer un Mondial en carrière après avoir raté ceux de 2018 et 2022. Pour lui, c’est l’aboutissement après un long parcours qu’il a retracé dans l’entretien. « J’ai commencé à jouer dans le parking du quartier. Il était au milieu des immeubles et on a décidé d’en faire un terrain de foot. On jouait avec des ballons faits de sachet de lait. On n’avait pas de vrais ballons », raconte-il.
C’est sur cette pelouse improvisée qu’il a d’abord été repéré par l’entourage du quartier. Marque de précocité : il y avait les sollicitations de jeunes plus âgés pour faire partie de leur équipe. Cette promotion prouvait bien qu’il était en avance sur les standards. « On me disait que j’avais des qualités et qu’il faut rester sérieux. Il y avait des gars plus âgés que moi qui m’appelaient pour jouer avec eux et chaque équipe voulait que je sois de son côté donc oui je pense que j’avais de la qualité. »
Son conseil pour les jeunes qui rêvent de devenir footballeurs pro
Des années après, il a pu devenir footballeur professionnel en passant par la réputée Académie du Paradou AC. Logiquement, il est fier du parcours accompli. « Aujourd’hui, j’ai la chance de ne pas avoir le regret de ne pas avoir fait ce que je voulais faire. Sur ça, je suis très content. J’estime que j’ai eu les épaules solides pour accomplir ce que j’ai fait parce que sortir de Constantine pour aller jouer pour l’un des plus grands clubs d’Europe, gagner une coupe d’Afrique, une coupe de France et faire une finale de Champions League, j’en suis fier de ce que le gamin que j’étais a réussi à faire. Et si j’ai un message à faire passer c’est qu’il ne faut jamais rien lâcher. Il ne faut pas écouter les gens qui disent “non, c’est loin. C’est compliqué à le faire” », indique-t-il.
Le parcours était sinueux. Bensebaïni l’admet. Toutefois, il ne manque pas de donner un conseil aux jeunes algériens qui rêvent de percer. « Il ne faut jamais perdre espoir et se dire qu’on ne peut pas faire quelque chose. C’est vrai qu’il y a moins de moyens par rapport aux jeunes formés en Europe mais si t’as l’envie et que tu ne lâches pas, personne ne peut t’arrêter. Aussi, il y a le destin. Si Dieu veut que t’y arrives, c’est bien. Mais faut tout mettre en œuvre pour ne pas avoir de regrets », préconise-t-il.
Yamal, Olisé, Mahrez et Neymar, les plus difficiles à jouer
Sur le chemin, l’ancien sociétaire du Montpellier HSC et du Stade Renais FC a travaillé plusieurs aspects afin de devenir footballeur de haut niveau. Cette ascension lui a permis d’affronter de grands joueurs. Pour ceux qui lui ont donné du fil à retordre, il répond « les joueurs contre qui j’ai galéré sont Lamine Yamal, Olisé du Bayern Munich et Mahrez quand il était au City. Il y a aussi Neymar qui ne joue pas trop de mon côté mais quand il se trouvait dans mon périmètre, c’était dur. »
Si mentalement il a fait preuve de solidité en vivant loin du domicile très jeune et en partant vers l’étranger à 18 ans à peine, Bensebaïni garde toujours un tempérament explosif. A ce propos, il explique qu’« il y a des fois où je me contrôle pas. J’arrive à un stade où je perds contrôle. Je ne dis pas que c’est bien. C’est vrai que je suis souvent souriant et tout mais j’ai ce côté là. »
Bensebaïni essayera d’« d’être prêt le jour J »
Toutefois, il faut mentionner que le gaucher n’est pas aussi “sanguin” qu’on le fait croire avec 8 cartons rouges en carrière dont 3 directs seulement en 374 matchs. Avec la sélection, il n’a été expulsé qu’une seule fois pour deux cartons jaunes en 81 capes. Ce qui reste relativement bas. Interrogé sur les vidéos que les internautes éditent sur son personnage avec la fameuse chanson “Algérien demmi har ou ma nwellich l’ellour”, il réplique qu’« on m’a collé l’étiquette d’Algérien qui a le sang chaud et qui ne recule devant rien mais c’est drôle.»
Blessé au moment de l’interview, Bensebaïni avait assuré qu’il travaillé pour revenir plus fort. Entretemps, sa cheville gauche a consolidé mais c’est la droite qui est désormais blessée. Sa présence face aux Argentins mercredi (02h00) n’est pas garantie. « Je me prépare, j’essaie d’être prêt le jour J. On verra ce que Dieu nous réserve », assurait-il déjà. L’état d’esprit n’a certainement pas changé.
