Il est le joueur le plus capé de l’histoire de l’équipe nationale avec 122 apparitions devant Riyad Mahrez (119 matchs). Aïssa Mandi a duré. Longtemps. Très longtemps même. Le défenseur a été international douze années durant. Certes, il a rendu de loyaux services à la sélection. Malheureusement, sa carrière a été poussée jusqu’à l’érosion. Cette nuit face à la Suisse en seizième de finale de la Coupe du Monde 2026, il était l’un des Verts qui ont précipité l’élimination. Triste épilogue pour celui a décidé de raccrocher les crampons.
On le concède. Amèrement car la carrière impose le respect et requiert un minimum de tact. Mandi, le Fennec aux plus d’apparitions (7) en CDM avec Nabil Bentaleb, a peut-être joué le tournoi de trop. Comme titulaire du moins tant il manquait cruellement d’impact. L’expérience pouvait être un atout mais le corps avait son préjudice car il ne suivait pas du tout.
Manzambi l’a (mal) utilisé jusqu’à l’usure
A un moment, la lecture aiguisée du jeu ou le placement ne peuvent pas compenser le déficit physique et la lourdeur dans les déplacements. A bientôt 35 ans, Mandi ne pouvait pas maîtriser la fougue de Johan Manzambi et ses 20 ans. Sur une simple accélération, le Suisse l’a déposé et pris le dessus sur lui pour pénétrer dans la surface et service Breel Embolo. Une nouvelle fois, Mandi était dans le mauvais coup dans cette Coupe du Monde. Tout le monde l’a vu mais pas Vladimir Petkovic qui n’a pas considéré ce détail quand il a fait ses compositions. La faiblesse sautait aux yeux de bon nombre de personnes. Sauf le sélectionneur qui s’est entêté à faire débuter celui qui est arrivé en fin de contrat avec Lille OSC où il avait été élu meilleur joueur de la saison.
Le contraste est saisissant entre le Mandi en club et en sélection. Toutefois, cela a une explication. L’ancien pensionnaire de Villarreal FC a pris l’habitude d’évoluer dans une défense à trois axiaux avec les Dogues. D’où l’impression qu’il est aux abois lors qu’il fait partie d’un binôme. A partir de là, Petkovic avait deux options et pas une troisième. Soit faire jouer Zineddine Belaïd à sa place en association avec Ramy Bensebaïni ou évoluer avec un trio axial avec les trois éléments en question. Regrettablement, le coach de l’EN a opté pour la moins bonne idée : jouer avec une paire Mandi – Bensebaïni. Le préjudice est sous nos yeux.

