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USM Alger : Serport et ses milliards, transit financier ultra-dépensier !

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En rachetant l’USM Alger et les 93% des actions détenues pour le Groupe ETRHB d’Ali Haddad en mars dernier, Serport, le nouveau propriétaire du club, s’est engagé à éponger une dette globale évaluée à 450 milliards de centimes (près de 28 millions d’euros). Un véritable gouffre qui sera couvert par l’argent public de l’entreprise étatique. En plus de cette grosse dépense, il y a le chèque, estimé à 32 milliards de centimes (l’équivalent de 2 millions d’euros), qui est de sortie pour le mercato et la préparation de la saison 2020-2021. Sacré pactole pour un football de pacotilles.



Pour faire simple, en reprenant les parts de Haddad, actionnaire majoritaire dans la SSPA/USMA, Serport avait racheté ce qu’on pourrait qualifier d’un tas de ferraille tant les Rouge et Noir, à l’image de beaucoup de clubs en Algérie, croulaient sous les dettes d’une gestion financière caractérisée par la délinquance et l’improvisation.

450 milliards de centimes en dettes

Ce rachat a sauvé le club de la faillite. Si, selon des informations, Haddad n’a touché aucun sou de la transaction, l’acquéreur a dû mettre la main à la poche pour redresser les économies usmistes. On évoque la somme de 450 milliards de centimes (dettes fiscales et para-fiscales confondues) pour tout recouvrir et niveler définitivement la balance. Un pactole indécent de 28 millions d’euros au taux officiel !

D’ailleurs, avant de boucler la passation, Achour Djelloul, le président-directeur général de Serport (activant dans le transport de marchandises et dans la logistique de services portuaires), avait reconnu qu’ « il y a des choses bonnes et mauvaises, des dettes aussi sans oublier des créances. Nous n’avons pas encore signé les documents dans la mesure où le transfert de la propriété doit se faire avec qui de droit.»

La suite, on la connaît tous. L’imbroglio économico-juridique autour du rachat des Gars de Soustara s’est dissipé avec le « OK » des pouvoirs publics et le président de la République M. Abdelmadjid Tebboune qui « ont donné leur accord pour le rachat de l’USMA par le groupe Serport et nous sommes fiers et honorés de reprendre un grand club comme l’USMA », comme révélé dans un communiqué de la nouvelle direction qui actait l’acquisition du club le 1er mars dernier.

Les pots cassés de l’ETRHB

Depuis, les dépenses auraient atteint 300 milliards de centimes. En tout cas, le bilan de l’année fiscale précédent l’arrivée de Serport a été adopté hier mercredi lors d’une Assemblée générale tenue au siège du Groupe des  services portuaires sis à Hydra (Alger). Auparavant, il y a deux mois, Abdelghani Haddi, le désormais ex-Directeur générale des Unionistes, avait détaillé que « l’entreprise Serport est arrivée en tant que sponsor au mois de septembre et a versé 7 milliards de centimes alors que les joueurs étaient en grève, puis 12 milliards dans les caisses du club depuis qu’il en est devenu propriétaire.»

Le membre du board de l’Ittihad a aussi indiqué que « Serport a versé aussi 200 milliards de centimes pour racheter les actions au groupe Haddad et non pas deux milliards de centimes. En tout, jusqu’à présent, l’entreprise a dépensé prés de 300 milliards de centimes depuis son arrivée et doit encore éponger près de 450 milliards de centimes de dettes.» Une sacrée ardoise qui reflète un déficit et une incompétence dans la gestion des affaires du team de la capitale à l’époque de l’ETRHB.

Ces chiffres astronomiques sortis par Haddi y sont, peut-être, pour quelque chose dans sa fin de fonctions décidée il y a trois jours de cela. En tout cas, il n’y aurait pas une autre explication plausible à cette mesure prise par ses supérieurs tant le concerné soutient qu’« officiellement, il n’y a aucun grief retenu contre moi. Je ne sais pas ce qu’on me reproche. C’est le flou total. J’aurais aimé que le club communique sur ses différents supports pour mettre un terme à la spéculation concernant mon limogeage. »

Recrutement massif et excessif

Cette addition a certainement grimpé lors des deux derniers mois sachant que le sigle 8 fois vainqueur de la Coupe d’Algérie est très actif sur le marché des transferts. Pour l’instant, Anthar Yahia, Manager général, a recruté 7 nouveaux éléments : Alexis Guendouz gardien de but de l’AS Saint-Étienne (arrivé libre ou après négociation d’un transfert de 400 000 euros évoqué par la presse ?), Mustapha Bouchina défenseur central du Paradou AC (transféré pour 1,1 milliards de centimes), Mehdi Beneddine arrière-gauche de Quevilly Rouen-Métropole, Saâdi Redouani arrière-droit de l’ES Sétif, Fateh Achour arrière-droit de l’USM Bel-Abbès, et deux avant-centres qui sont Ismaïl Belkacemi et Oussama Abdeldjelil en provenance du CS Constantine et Cholet FC dans l’ordre. Sans parler de l’arrivée d’un staff technique ultra complet autours de l’entraineur français François Ciccolini. La masse salariale de tout ce beau monde n’a pas été divulgué mais le chiffre devrait donner le tournis.

Parallèlement à ces arrivées massives, il y a eu des un départ groupé de certains éléments « à l’amiable ». Des bons de sorties que Yahia a négocié avec les agents des joueurs indésirables. L’ancien international algérien a tenu à assurer qu’ « il ne s’agit nullement d’un renvoi, mais nous allons trouver une solution, soit l’option d’un prêt, une résiliation du contrat à l’amiable, ou bien un départ avec un pourcentage sur une éventuelle revente pour le club.»

Ibarra et Ellafi, symboles du gâchis

Huit anciens de la maison ont été concernés par cette opération dégraissage qui n’a, à coup sûr, pas coûté que des bribes puisqu’il y a certainement eu des indemnisations significatives pour se défaire des obligations contractuelles à l’image de l’international libyen Ellafi.

Selon Liberté, la direction de l’USMA a transféré la somme de 342 000 dollars sur le compte du Libyen pour obtenir sa résiliation de contrat. Plutôt que de le transférer vers un pays du Golfe, il s’est engagé gratuitement pour 3 ans au WA Casablanca. Plus tôt, en juillet, le team d’Alger a été contraint de verser 200 000 euros à son ancien attaquant congolais Prince Ibarra pour échapper à une lourde sanction de la FIFA. D’autres frais qui viennent s’ajouter dans un ticket de caisse qui gonfle sans cesse. L’inflation footballistique n’est jamais loin.




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