À travers ses quatre précédentes participations, l’équipe d’Algérie a vu défiler des générations dorées qui ont fait le bonheur du peuple et marqué l’histoire, chacune à sa manière. Retour sur quelques anecdotes marquantes du parcours des Verts en Coupe du monde.
Coupe du monde 1982 : la gloire puis la trahison, une histoire de terrain… et d’usine
Le Mondial 1982 reste gravé dans toutes les mémoires algériennes. Pour la première fois de son histoire, l’Algérie participait à une Coupe du monde. Portée par une génération on ne peut plus talentueuse, l’équipe d’Algérie a marqué les esprits en battant l’ogre allemand, tout en contribuant à faire évoluer les règles de la FIFA. À la suite du scandale de Gijón, le fameux “match de la honte”, l’instance mondiale a décidé de faire jouer simultanément les rencontres de la dernière journée de la phase de poules afin d’éviter toute combinaison comme celle entre l’Allemagne et l’Autriche.

Si les stars brillaient sur le terrain, le maillot porté par les Verts symbolisait lui aussi une grande fierté national. L’iconique tunique verte à bandes blanches était signée Sonitex, fleuron de l’industrie textile algérienne. À une époque où certaines sélections dépendaient d’équipementiers étrangers, l’Algérie mettait en avant son savoir-faire local pour représenter le drapeau. Ce maillot est resté dans les mémoires.
1986 au Mexique : une aventure pimentée… de primes
Quatre ans plus tard, l’Algérie, toujours portée par l’ossature de 1982, se qualifie pour le Mondial mexicain. Mais sur place, certaines conditions compliquent la tâche des Verts. La calente du Mexique n’a pas eu l’effet escompté.
Secouée par une histoire de primes non versées, la sélection algérienne a vu son parcours perturbé et a quitté la compétition dès le premier tour, avec deux défaites — dont une à la suite d’un match héroïque face au Brésil (0-1) — et un match nul. Ce dernier reste également un moment iconique, où les Verts ont marqué les esprits en jouant, pour la première fois en phase finale de Coupe du monde, avec un maillot rouge. Une tunique rarement arborée par la suite, malgré la demande des supporters.

2010 : un Mondial… sans réussite
Après l’épopée d’Oumderman au Soudan, l’Algérie met fin à 24 ans d’absence sur la scène mondiale. Mais en Afrique du Sud, la réalité était plus dure. Les Verts peinent à s’adapter. Résultat : une élimination dès le premier tour sans inscrire le moindre but.
Cette édition reste aussi marquée par l’expulsion d’Abdelkader Ghezzal face à la Slovénie, quelques minutes seulement après son entrée en jeu. En parallèle, certains joueurs avaient attiré l’attention avec leurs cheveux peroxydés, symbole d’une époque et d’une génération en quête d’expression.

Lors de ce même match, Faouzi Chaouchi, héros de l’épopée face à l’Égypte en 2009, s’est retrouvé sous les projecteurs après une erreur d’appréciation sur la trajectoire du ballon Adidas Jabulani, déjà très critiqué à l’époque pour son imprévisibilité. Une action qui va lourdement peser dans le déroulé de la rencontre et marquer un tournant inattendu.

En effet, puisque le football réserve souvent ses plus grandes histoires dans les détails les plus imprévisibles, cet épisode va provoquer un tournant durable dans la hiérarchie des gardiens. À l’issue de cette rencontre perdue (1-0), une nouvelle figure va s’imposer comme une évidence et s’ancrer dans l’histoire de la sélection : Raïs M’Bolhi.
Lancé dès le deuxième match face aux Three Lions anglais, le portier va rapidement saisir sa chance et s’imposer comme un titulaire indiscutable, devenant une référence dans les cages des Verts et restant solidement installé pendant plus d’une décennie. De ce prestigieux match, conclu sur un score nul et vierge (0-0), la mémoire collective des supporters retiendra une image forte : Madjid Bougherra retenu par Wayne Rooney, le maillot étiré dans l’effort. Un cliché devenu iconique, exhibé fièrement dans les restaurants, les cafés, les taxis et même dans les écoles, très en vogue en 2010 !


2014 : un cap historique franchi
Comme souvent dans son histoire, l’Algérie enchaîne avec une seconde qualification consécutive. Au Brésil, en 2014, les hommes de Vahid Halilhodžić ont écrit une nouvelle page en atteignant pour la première fois les huitièmes de finale. Signant la plus large victoire de l’Algérie en Coupe du monde (4-2 face à la Corée du Sud), les Verts ont renoué avec le succès depuis 1982, avec le plus grand total de buts inscrits (7), qui ont été l’œuvre de cinq joueurs différents… Ça en fait des chiffres !
Des chiffres et des primes, Islam Slimani en a fait abstraction avec une célébration devenue emblématique : « On n’a pas besoin de votre argent, on joue pour l’amour du drapeau ». Un message fort, intervenu dans un contexte particulier, après qu’une chanteuse arabe, doutant des capacités des Verts, eut lancé un défi en promettant plusieurs milliers de dollars pour chaque buteur algérien lors du Mondial au Brésil.
Dans le même esprit, conquis par la fièvre du second tour historique, un homme d’affaires algérien avait tenté de motiver les Verts en promettant un bolide de type Porsche Cayenne pour chaque buteur face à l’Allemagne. Une récompense finalement associée à Abdelmoumene Djabou, qui en héritera à son retour au pays.
Revenant sur cet épisode quelques années plus tard, Djabou confiera : « Je n’ai pas vraiment profité de cette voiture. Quand je l’ai conduite pour la première fois, j’ai failli avoir un accident. Tout le monde en parlait… je n’y ai plus remis les pieds dedans. »
Éliminés par l’Allemagne, future championne du monde, les Verts quittent la compétition avec les honneurs.

Cette génération 2014, à l’image des précédentes, a marqué son époque et renforcé le lien indéfectible entre la sélection et son peuple.
